22* JOURNAL D’UN OFFICIER d’oRDONNANCF,.
— Non, non, crient ces brutes, complètement ahu-ries, nous voulons la Commune-
— Mais, citoyens, dit Rochefort en haussant lesépaules, c’est la même chose.
On ne comprend pas. On l’invite à descendre. Onle tire par les jambes. On crie : « A bas Rochefort! »
Sur ces entrefaites, Jules Favre, Jules Ferry etPicard sont arrivés. Jules Favre, en train de déjeuneravec M. Thiers, arrivé de la veille à travers les lignesprussiennes, et de lui donner ses instructions et scspouvoirs pour traiter d’uu armistice avec la Prusse,est averti par Ferry de ce qui se passe. Il met M. Thicrsdans une voiture escortée de cavalerie, essaye de lerassurer sur l’émeute.
— Nous en voyons souvent de semblables, dit-il.
Puis il racole Picard qui arrivait aux affaires étran-gères pour dire adieu à M. Thiers, monte avec lui envoiture, trouve les quais barrés par la foule, obliquesur la Préfecture de police afin de se renseigner, yapprend qu’Adam est à l’Ilôtel de Ville, et finit par ypénétrer par les portes dérobées, malgré les suppli-cations de Picard, qui voulait à toutes forces ne pasaller s’enfermer dans la gueule du loup.
Quand ils arrivèrent, le général Trochu s’était en-fin décidé à donner de sa personne. Il était descendudans la grande salle, suivi de Simon et de Pelletan.Il avait fallu dix minutes avant d’obtenir le silence.Enfin l’orateur de la bande, un sieur Joly, avait puplacer quelques mots et commencer une harangue.
Il dit au général, qui 1 écoutait les bras croisés, que