LE TRENTE ET UN OCTOBRE.
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gués restés prisonniers, craignant de les faire mas-sacrer et d’être eux-mêmes canardés parles fenêtres,s’ils s’obstinent à vouloir entrer de vive force, accep-tent l’amnistie et l’oubli. On se serre la main, et lesdeux parlementaires de l’IIôtel de Ville rentrent dansle palais.
A ce moment, on avertit Adam que les mobiles del’Indre ont reçu l’ordre de pénétrer dans l’Hôtel deVille par un souterrain qui relie l'édifice à la caserneNapoléon, qu’ils l’ont exécuté et qu’ils entrent àl’Hôtel de Ville.
M. Ferry refuse de s’engager dans cette voie sou-terraine. Adam s’y précipite, et débouche avec lesmobiles dans la cour du palais.
Il essaye de le faire évacuer, et parvient à contenirles mobiles bretons pendant qu’un premier lot degardes nationaux s’écoule au dehors.
Ferry a enfoncé une des portes latérales du monu-ment, se précipite à son tour dans l’Hôtel de Ville etse perd dans la foule.
Finalement, tout le monde s’en va bras dessus brasdessous, Tamisier enlace Blanqui pour sortir, le gou-vernement est délivré, et cette mascarade grotesquese termine vers trois heures du matin.
A peine tirés des griffes de l’émeute, assez débon-naire ce jour-là, les membres du gouvernement se réu-nirent au Louvre et tinrent conseil avec le gouverneur.Ils fulminaient. Ils étaient exaspérés, et c’était unspectacle réellement comique que de voir ces gens quiavaient fait leur carrière dansla Révolution, qui avaient