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L’AMIRAL DE COLIGNY
ce malheureux eut été empoisonné par son valet dechambre, un an avant la Saint-Barthélemy, cette con-cubine eut l'audace de réclamer son douaire, et futdéboutée de ses prétentions par le Parlement deParis.
Gaspard de Coligny prit les armes de très bonneheure, car nous le voyons, sous Landrccies, à Céri-soles, et il vint à, la cour vers les dernières années durègne de François I er .
Nous empruntons à Y Histoire de la liberté religieuse (\),deM. Dargaud, le récit de ce qu’on nommerait aujour-d’hui ses débuts dans le monde.
« Dans les ombres que projetaient sur la courles ennuis du roi vieillissant, Coligny ne distingua,parmi la troupe dorée de la noblesse et des seigneursles plus aimables de cette fin de règne, que le filsaîné de Claude, duc de Guise. Un l’appelait alors leprince de Joinville. 11 était beau, d’une taille souple,d’une grâce mâle et d’un si grand air, que partoutoù il se trouvait, il était le premier.
« Gaspard de Coligny, si discret dans ses liaisons,fut entraîné vers lui par ce feu du cœur qui éclate sisoudainement et si délicieusement dans la jeunesse.Entre de tels caractères, l’amitié est prompte. L’austé-rité de Coligny qui recouvrait une science si nette etun si vaste esprit, fut un attrait de plus pour le princede Joinville. Ces deux brillants seigneurs, dont l’unappartenait à l’une des plus anciennes maisons duroyaume et dont l’autre était de maison souveraine,
(1) Darqaüd : Histoire de la liberté religieuse, t. I er , 1. 111,p. 83, etc.