INTENDANCE DE L1JI0UES
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Quand on lit dans l’original et d’un bout à l’autre lemémoire dont nous venons de donner l’analyse, onest frappé de la force des arguments qui y sont em-ployés, et on ne peut s’empêcher de reconnaître queTurgot en l’écrivant a véritablement épuisé le sujet.La discussion engagée par Turgot, il y a cent vingtans dans le Conseil du roi, s’est depuis lors renou-velée bien souvent; elle n’est pas encore close; ellen’est peut-être pas près de l’être. Les défenseurs dela liberté du taux de l’intérêt ont fait beaucoupet d’excellents discours, mais, quels qu’aient été leurmérite, leur éloquence, leur facilité de développe-ment, ils n’ont jamais fait autre chose que de repro-duire dans la langue du jour les arguments deTurgot. Il n’y a qu’un arsenal où l’on trouve desarmes parfaites pour lutter contre les successeursdes scolastiques et des Pothier. Cet arsenal, c’est lemémoire sur les prêts d’argent remis au Conseil duroi en 1769 pour appuyer l’évocation au Conseil despoursuites d’usure pendantes au sénéchal d’Angou-lême.
Après la disette des capitaux, dont nous avonsraconté l’histoire, la généralité de Limoges eut àsubir une autre disette, celle des grains, disette bienplus terrible que celle de l’argent, fléau redoutabledans tous les temps, mais bien plus redoutableencore dans les pays où les voies de communicationsont rares, comme elles l’étaient à cette époque enFrance, et quand les préjugés populaires, encouragés