DISCOURS ET OPINIONS.
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recevoir de son souverain, si on voulait l’exécuter,tempérât en Italie des doctrines trop exaltées.Nous désirions, enfin, que la France ne fût pas ex-posée aux attaques, aux injures, aux calomnies deceux cpii les lui prodiguent, parce qu’elle n’a niune armée forte, ni une administration franche-ment nationale à leur opposer.
On a dit que nous étions les apôtres des insur-rections populaires et militaires. Je ne connais pasles circonstances dans lesquelles se trouvait l’Ita lie au moment où les mouvements v ont éclaté. Je
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ne sais pas s’il y avait nécessité d’un changement;cette nécessité admise, je ne dirai pas si les moyensqu’on a employés étaient légaux et conformes à laraison; cela ne me regarde pas; mais je dirai que,quels que soient les changements qui s’opèrentdans un pays, il n’appartient pas au souverain d’unautre état d’y venir faire la police. Je dirai que laRussie n’a pas plus le droit de descendre en Italie ,sous le prétexte qu’il y éclate des révoltes, quel’Italie n’aurait le droit de porter la guerre enRussie , lorsque des révolutions plus ou moins san-glantes souillent le palais de Saint-Pétersbourg .
Non , messieurs, nous ne voulons pas la guerre;nous voulons les intérêts nationaux, l’indépendancede la nation, le maintien de l’ordre social, créé parla révolution et consacré par la charte, parce que,sans la charte, il ne peut y avoir pour la France ni liberté ni sécurité. Lorsque le ministère établirason système politique dans la direction de ces in-térêts , je ne demanderai pas s’il veut prendre