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CAP. IX. DE ASTRONOMIA
ceinture, dans un erui fort propre, qui n’ est pas plus grand quele creux de la main: quelques uns meme le portent seulementde deux a trois pouces de diametre: on diroir de loin, que c’ estquelque Medaille de Chapelet, qui leur pend a la ceinture, ouquelque Medaille de Prince fouverain, donnee par honneur &pour re^ompense.
On consulte les astrologues fur toutes les choses importan-tes, & quelques fois le Roi les consulte fur les moindres chofes:par exemple, li il doit aller d la promenade, s’ il doit entrer dansle ferrail, f il est tems de faire fervir a manger, f’ il fera venirun Grand, qui attend dans 1’ antichambre i parier a Sa Majeste,& ainsi du reste: alors 1’ Astrologue fort promtement, tire fonastrolabe, obferve la fituation des astres, <3c avec le fecours de scstables ou ephemerides, il tire les conclusions astrologiques, aquoi fon ajoute foi, comme a quelque Oracle, ce pauvre peuplefe perfuadant, que 1’evenement de toutes les vicissitudes fublunai-res se voit fur la face de douze maifons de dei, & par 1' erectionde leur theme rationel iis predifent furement tout ce qui arriveradans le monde. Austi appellent iis communement leurs predi-ctions ou pronostics, Hokom y mot qui signifie ordre absolü , coni'mandement , juffton du Souverain infaiüible inalterable.
Iis operent dans f erection du theme rationel , a peu pres, com-me font nos astrologues, en divifant f equateur en douze partiesegales, avec les douze grands cercie de la fection du meridien, oude 1’ horizon du lieu. Vous voyez, que pour prendre f heure,bonne ou mauvaife, & pour predire le fucces, bon ou mauvais,d' une chofe, iis ne se servent d* autre Instrument que de f astro-labe. Je n 5 ai pas remarque qu' iis en eussent de plus usite, nimeme qu’ iis en emploiassent d’ autre, pour f applicatiori actuellede leur fcience judiciaire: iis disent que comme il ne faut pourcela que prendre la hauteur, ou la fituation de quelque pointvisible du ciel, comme est le foleil du Jour, & la nuit des etoiles fixes,f astrolabe leur suffit entierement. Le commun peuple a certe fottemanie de croire, que la destinee dechacun, quelque abjet & misera-ble qu’ il foit, est euregistree dans le ciel avec des caracteres lumi-
neux,