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PHILOSOPHIEtifs sur eux-mêmes, qui cherchaient à se ren-dre utiles par les traits d’une morale épurée,et qui mettaient tous leurs soins et toute leurindustrie à serrer de plus en plus les nœuds dela société. Aussi venait-on les consulter detoutes parts, et leur rendre de ces hommagessincères qu’on ne rend jamais qu’au vrai mé-rite. Les rois , malgré l’orgueil du trône, sesoumettaient à leur conduite : les républiquesles appelaient au milieu des troubles et desfactions dont elles étaient agitées, et le peuplesouvent excessif dans son estime , mais dontl’estime marque presque toujours des talenssupérieurs, allait quelquefois jusqu’à les hono-rer d'un culte divin (i).
Ainsi s’étendait la réputation de ces philo-sophes , soit chez les nations étrangères où ilest si difficile d’être admiré , soit dans leurpropre pays où il est encore plus difficile del'être. Et qu’on ne se laisse pas surprendre autitre de barbare, que les Grecs donnaientdédaigneusement à toute la philosophie despremiers tems. Une épithète injurieuse et flé-trissante ne déshonore que ceux qui osent
(0 îlistoire critique de la Philosophie , t. I , pag.3 et 4 .
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