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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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VOYAGES AÉRIENS.

Désirant connaître létat relatif de la lune et de laurore, je com-parai leur lumière de cinq en cinq minutes. Cest à 2 h. 45 m.que les deux clartés furent égales en intensité; alors je pouvais lireune feuille tournée du côté du nord-est (aurore) exactement commeje lisais une feuille tournée du côté du sud-ouest (lune). Mais voiciune particularité qui surprendra mes lecteurs.

La lumière de la lune est dune blancheur devenue proverbiale.Lorsquon la compare aux lumières artificielles, aux becs de gazpar exemple (qui eux-mêmes font paraître jaunes les quinquets àlhuile), la lune fait jaunir et presque rougir à son tour la lumièrede lhydrogène, et paraît si blanche quelle en est bleue par con-traste. Lastre candide des nuits est devenu lemblème de la puretévirginale, et le lis le plus pur noserait comparer sa blancheur àcelle de Phœbé.

Jétais donc intéressé à savoir si, surprise au lever du jour, ladéesse des nuits serait aussi pure que sa réputation. Lexpérienceétait facile à faire, et le photomètre des plus simples : exposer desfeuilles de papier blanc à la clarté de la lune, et les retourner ducôté de laurore, et ainsi successivement, pour comparer simulta-nément lintensité et la couleur des deux lumières.

Or, avant même que lintensité de la lumière lunaire eût at-teint celle de laurore, je constatai quà son tour cette lumière jau-nit devant la pure splendeur du jour!

Il est bon de rappeler ici que les notes de mon journal de bord,dont je me sers pour rédiger ces articles, ont été écrites séancetenante dans la nacelle, tantôt à la clarté de la lune, tantôt à laclarté des étoiles, tantôt à tâtons, car il est prudent de nemporteraucune sorte de lumière en ballon ; celui-ci, ouvert à sa partie in-férieure, ferait loffice d'un immense bec de gaz de 800 mètrescubes, et pourrait bien nous causer la surprise déclater à quelquesmille mètres de hauteur.

Le sud et le nord de notre ciel nous offrent deux aspects fortdifférents. Dans le premier le ciel est profond, transparent, bleu;la brume qui recouvre la terre est semblable à un océan de brouil-lards; la lune trône au-dessus de ce monde de vapeurs. Dans lesecond, le ciel paraît couvert et terminé au nord-est par une ou-verture ou une transparence. Directement au-dessus de notretête plane lénorme sphère sombre et en apparence immobile.

japerçois à lœil nu les taches principales de la lune, et mêmela montagne rayonnante de Tycho. A laide dune faible lunette,je distingue jusquaux petites taches, telles que le lac de la Mort,