DES B ES TES. s**
fait plus grave ou plus aigu. De même enchangeant la disposition de l’ouverture de cemême tuyau , nous imitons tantôt le son claird'un flageolet, tantôt le bruit entoilé du na-zard ; en un mot , nous faisons tel son qu’ilnous plaît. De plus , ce son encore informe ,en passant par nôtre bouche , est diversifié parle moyen de la langue', des dents & des levres.;& c’elt une chose prodigieuse , de voir commequoi nous poussons quelquefois la voix tourdroit tenant la bouche ouverte quelquefoisnans la retenons comme enfermée > pour lufaire sortir tout d’un coup à la premiere ou-verture des levres ; tantôt nous élevons la lan-gue vers Le palais d’enhaut ; tantôt nous. lapoussons contre les dents > d’autres fois nous lareplions en dedans , ou bien nous la creusonscomme un canal .- enfin , il y a une infinité démottvemcns, que nous pratiquons en parlant,qui sont tous si justes, si diversifiez, & si pro-portionnez à l’effet qui doit s’én ensuivre, qu’ii,if y a peut-être rien dans la nature de plus ad-mirable; cependant tout cela sè fait sans y pen-ser. Un Orateur commence son discours , & lepoursuit jusqu à la fin , sans jamais faire ré-flexion qu’il remué !a langue ou qu il parle.Onne s’aviíc point de considérer comme il fautferrer les dents , ou fermer les levres pour pro-noncer les mots. Quand nous y voudrions pen-ser , nous n’en parlerions pas mieux , ni íansdoute si bien ; & toutes ces pensées & cet ré-flexions que nous serions pour bien disposertes organes de la parole , nous empêcheroientde parler. Et aptes cela > on veut que les Bê-les connoiffent ce qu’elles font ? Et parcs«u elles, agissent à Propos dans les rencontres
K. k y