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ARTS ÉCONOMIQUES.
PLANCHE PREMIÈRE.
Fig. x. Fabrication de la résine. On sait queles landes de Bordeaux fournissent une grandequantité de résine au commerce. Il n’entre pasdans notre plan de décrire la méthode employéepour l’obtenir du pinus maritima qui la donne.On la récolte en faisant usage de l’échelle dé-crite dans la section Jardinage , PI. i. fig. i decet ouvrage. On la porte dans un lieu du boisoù l’on a construit un fourneau A avec sa chau-dière. C indique le cendrier, et B la porte parlaquelle on met le bois. Après avoir fait fondrela résine pi’oduitepar les arbres, on en remplitun tonneau E , au moyen d’une auge D, dontune extrémité porte sur le fourneau, et l’autresur le tonneau. On puise la résine dans lachaudière avec un poêlon à long manche, eton la verse sur de la paille qu’on a placée au-dessous de l’auge, au moyen de petits bâtonsposés transversalement. Cette paille arrête les Jmorceaux de bois et autres immondices qui setrouvent mélangés à la résine ; celle - ci, aprèsavoir filtré à travers la paille, tombe dans l’auge,et se rend dans le tonneau par un trou et par uncanal placé à l’extrémité. La première figurereprésente le plan du fourneau, de l’auge et dutonneau ; celle indiquée par A, B, C est la coupedu même fourneau. La chaudière a 9 d. m. dediamètre à son ouverture, et 5 ou 6 de pro-fondeur ; elle est garnie de deux anneaux, pourpouvoir la retirer à volonté.
Fig. 2 , 3 et 4- Grandes jarres pour conserverle -vin, l’huile, etc. On sait que l’usage du ton-neau en bois était très-rare dans l’antiquité.Diogène Laërce rapporte que Speusippe futchez les Grecs l’inventeur des tonneaux faits avecdes douves. Les Romains conservaient leurs vinsdans des vases , ainsi que cela a lieu dans quel-ques endroits de la Grèce , des Etats du Pape etde l’Espagne . Pline et Columelle disent qu’onenterrait ces tonneaux ou grandes jarres dansla terre, lorsqu’il s’agissait de conserver des vinspeu liquoreux, hnbecilla vina demissis in terraindoliis s erv and a, valida expositis. (Pli. 1. 14., et27, éd. Hardui. ) En effet les vins généreux sup-portent sans inconvénienslechaud etlefroid. Onles tient dans les greniers en Toscane , et en Es pagne on les conserve dans des celliers et dans desTom. II.
j jarres couvertes avec une planche percéede trous.Le vin se trouvant plus exposé aux variations del’atmosphère dans des vases de terre que dansceux de bois, on remédierait facilement à cetinconvénient en enterrant les jarres à fleur duterrain , ainsi qu’on le pratique dans quelquesendroits en Espagne pour conserver l’huile. Onpourrait par ce moyen substituer de grandesjarres qui peuvent durer des siècles, à nos ton-neaux qui ne durent que quelques années, etqui consomment une quantité prodigieuse debois. La diminution du vin dans nos tonneauxproduit un déchet considérable qui n’a pas lieudans les jarres, lorsqu’elles sont en poterie degrès ; dans le cas contraire on peut remédier àtoute infiltration en induisant lès jarres avecde la cire, ainsi que le pratiquaient les anciens,et qu’on le fait encore aujourd’hui dans la Grèce .
I Ce sont ces considérations qui nous ont engagésà donner un aperçu de la fabrication de cesvases.
Les Espagnols se servent, des jarres qu’ils nom-ment xarras ou tinajas , pour la conservation duvin, de l’huile et de l’eau. J’en ai vu qui avaienta8d.m.dehaut,et un grand diamètre de 17d.n1.Il y en a de beaucoup plus grandes qui contien-nentjusqu’àquatreetcinq millelivres d’eau.Ellesont une durée très-longue et ne cassent que paraccident. J’en ai trouvé dans une seule cave unevingtaine qui avait plus de 200 ans. Si elles vien-nentà se fendre, on les rajuste avec des tenons defer, et on enduit la fente avec de la poix. On areconnu en Espagne que l’eau conservée pendantune année dans ces jarres acquiert des qualitéssalubres. C’est pour cette raison qu’à Murcie etdans quelques autres villes on a des celliers avecdes jarres où l’on fait sa provision d’eau. On atrouvé en démolissant le palais de l’évêque decette ville, une jarre remplie d’eau que l’on pré-sumait avoir 200 ans, et qui était très-bonne àboire.
La jarre sous le numéro 2 a 23 d. m. de haut,sur 21 dans son plus grand diamètre; son ou-verture a 4 4 d. m. ; les bourrelets dont elle estgarnie sont à la distance de 3 d. m. environ.
Fig. 3. Autre forme de jarre.
Fig. 4. Autreforme de jarre. Elle avait 26'd. m.