TOU
sur ces canaux qu’ils ont creu-sés en enlevant les premièrescouches de tourbe; ils ont delongs bâtons, au bout desquelssont de petits filets soutenus pardes cercles de fer, et avec cesfilets ils tirent la tourbe délayéequi est sous les eaux, et en char-gent leur bateau. Ils foulentce bourbier liquide avec leurs
f lieds, et ensuite vont aveceursbateaux le transporter dansun endroit de la prairie destinéà le recevoir. On forme uneenceinte avec des planches pla-cées de champ, pour contenirla tourbe liquide, et on y enmet l’épaisseur d’un pied etdemi; elle s’y sèche pendant lachaleur de l’été, s’y resserre,s’y entasse ; ce qui rend la tourbebien meilleure, parce qu’ellebrûle d’autant plus long-temps,qn’elleest pluscompacte. Avantqu’elle soit parfaitement sé-chée, on la coupe en paralléli-pèdçs qui ont communémentsept à huit pouces de longueur,sur quatre ou cinq d’épaisseur ;et c’est sous cette forme qu’onla distribue en Hollande enplace de bois à brûler ( VoyezCharbon de tourbe. )
La seconde espèce de tourbeest brune, légère, spongieuse ,et ne paraît qu’un amas deplantes , de racines qui n’ontpresque point été détruites :celte tourbe s’enflamme très-promptement , mais ne con-serve pas sa chaleur pendantlong-temps.
Quoiqu’il en soit, la décou-verte de l’une ou l’autre tourbepeut toujours être très-utile,quand ce ne serait que pour en
TOU 2 9 5
retirer les cendres, qui sontmerveilleuses pour la végéta-tion, étant semées sur les prai-ries tant naturelles qu’artifi-cielles.
L’inconvénient que l’on trou-ve à faire usage de la tourbedans les fonderies de fer, c’estque l’acide qu’elle contient estnuisible au traitement du fer :un des meilleurs moyens qu’onait trouvé , est de commencerà faire sécher la tourbe, la fairebrûler, et l’étouffer ensuite dela même manière que l’on pré-pare le charbon.
La disette de bois qu’onéprouvait dans la Lombardie autrichienne, en 1780, engageal’archiduc à proposer un prixen faveur de celui qui intro-duirait l’usage de la tourbe dé-pouillée de ses qualités mal-faisantes. Le P. Pini fut chargéde rédiger une instruction surla manière de la préparer etd’en rendre l’usage plus avan-tageux que celui du bois. Cetteinstruction fut effectivementpubliée. L'on en trouve l’ana-lyse dans le Journal de la Blan-cherie , 1786, p 14. Pourquoi cecombustible ne pourrait-il pasêtre pareillement adopté à Pa ris , où le bois est rare et très-clier? Il semble que le char-bon de tourbe bitn fait, bienpréparé , serait fort écono-mique.
Voyez, aux mois Cendres detourbe et Houille , leur usage etleur propriété.
E11 quelques endroits d’Alle magne , 011 fait des tourbes ar-tificielles en mêlant de la pous-sière de charbon avec de la
4