V
PREFACE,élever le monument où la postérité lira l’histoire duglobe & de ses révolutions.
L’étude de la nature, autrefois le partage de quelquesPhilosophes, est devenue dans ce fìecle éclairé le goûtde la nation : on doit à l’esprit de recherche qui ranime -ces collections immenses, rassemblées de toutes les par-ties du globe : elles offrent, dans la feule Capitale, lesdépôts les plus féconds & les plus lumineux. II seroitpeut-être avantageux qu on s’attachât moins à tout cequi tient au merveilleux, & qu on portât plus d’attentionaux productions plus communes ; qu'on les distribuât parordre des pays & des lieux où elles se trouvent, &qu’on en formât des catalogues raisonnés. Ils seroientles archives de la nature, & les moyens les plus propresà former la géographie physique du globe, science quiconstitue le fondement de l’édifice*
M. Guettard est le premier , ce me semble , quinous ait donné des Cartes minéfaìogiques : elles ontpour objet une partie de l’histoire de la surface duglobe. Je suivis, en 1753 » ce projet dans la descrip-tion des Vôges. La Sibérie m’a fourni une nouvelle oc-casion de concourir à son exécution : les résultats ensontd’autant plus intéressants, que cette partie du globenous est absolument inconnue. Les Russes nous la pré-sentent comme un nouveau Pérou, où abondent lesmines d'or, d’argent, & les pierres précieuses. II estconstant qu’on trouve des mines d’or & d’argent dansles terreins glacés de la Sibérie, ainsi que dans les ter-