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son visage une expression à la fois grave et énergique.Il y a de l’élan dans son regard et de la réserve dansl’ensemble de sa physionomie. Il porte la tète haute,comme tous les hommes dont l’intelligence plane au-dessus du vulgaire. Les formes dégagées de sou busteindiquent la constitution vigoureuse et le tempéramentnerveux du soldat qui résiste aux fatigues, et se roiditcontre les difficultés.
Les traits du prince Gortschakoff diffèrent entière-ment de ceux du généralissime de l'armée ottomane.Son front chauve et ses yeux perçants, dont le regards’abrite sous des lunettes, semblent indiquer le penseurplutôt que l’homme d’action. Une moustache courte etnoircie, un habit d’uniforme à collet très-élevé, ornéde décorations, sont les seuls attributs qui rappellentla nature des fonctions confiées au prince. Sa tète estplutôt celle d’un diplomate que d’un général; toutefois,on peut reconnaître dans son attitude et dans l’expres-sion de sa physionomie, les signes d’une fermeté queles émotions du combat, ou les discussions du conseil,doivent difficilement ébranler.
Après ces deux figures principales, M. de Szathmarinous montre tour à tour les officiers supérieurs qui com-posaient à cette époque l’état-major des deux armées.Nous retrouvons là les généraux Osten-Sacken, quifut gouverneur d’Odessa ; Budberg, commissaire impé-rial dans les principautés danubiennes ; Kotzebuë ,chef d’état-major; Liprandi, qui commandait alorsle corps d’observation des Russes en Grimée ; puis un
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