Band 
Tome I.
Seite
CXXXV
JPEG-Download
 

SUR L AGRICULTURE.

cxxxv

ils mangeoient aussi plusieurs espèces danimaux , qui sont encore aujour-dhui recherchés dans certaines contrées, tandis que dautres les repoussent avechorreur. Ainsi à la Chine on mange le ver du hanneton ( \eman ) , et les Sardessaccommodent fort bien de la viande de jeunes chevaux. Ainsi les Romains ,amateurs descargots , avoient des lieux destinés à les engraisser (1) : ce par-cage sest maintenu dans la ci-devant Lorraine et le pays de Trêves . Il nestpas rare dy voir des escargotières ; ainsi nomme-t-on des endroits aumilieu des pierrailles et de la. mousse sont déposés des milliers descargots :on les entoure dune enceinte en maçonnerie , sur laquelle sélève une cloisonen fil-darchal, à pointes recourbées, pour empêcher ces animaux de séchapper.Dans un ouvrage élémentaire sur lagriculture, Schroenius indique la formeconvenable à ces bâtimens (2) ; et lon trouve une description de 1 escargotièredes Capucins de Fribourg , en Suisse , dans Addisson , qui, nayant jamaisrien vu de semblable , en parle avec étonnement ( 3 ).

En i 53 o, Étienne Daigne, ou de Laigue, publia son traité des tortues,escargots, grenouilles , etc. (4). La Bruyère-Champier et Gontier parlentde lescargot comme aliment. Des côtes de lOcéan on en fait quelquefois des en-vois dans les Colonies ( 5 ) : on en mange en Espagne , en Allemagne , etc., maistrès-peu à Paris , quoiquil y en ait beaucoup dans le voisinage, entrautres àRomainville. A cette occasion, jobserverai que des circonstances locales ont quel-quefois amené certaines branches de culture ou dindustiie , et jintercale ici,sur le régime diététique, quelques observations qui se rattachent à mon sujet.

Sir Joseph Banks , à qui les sciences et les savans ont tant dobligations, ainséré, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Londres , unmémoire , jusqualors inédit, de lan i 6 o 5 , qui présente dans un très-granddétail le tableau des officiers dont se coinposoit la maison dun gentilhomme ,et de leurs devoirs respectifs, receveur , contrôleur, écuyer, dépensier, etc. (6).Dans les notes destinées à éclaircir le texte , on avoue que certains alimensdont il parle , sont actuellement inconnus , et lon ne sait à quelle espècedoiseaux appliquer les noms de quelques-uns indiqués dans cet ouvrage ; ilen est dautres , très-connus, quon trouve avec surprise dans le menu duncuisinier : telle est la cicogne (stork), qui est un manger détestable. Unouvrage analogue à celui qu on vient de citer, fut imprimé à Paris , en 1692. Ladépense annuelle de table , chez un homme riche , ayant tous les jours douzecouverts, soir et matin , y est évaluée à 11,880 livres i 5 sols (7).

Cest encore au seizième siècle que nos régions septentrionales acquirent divers

(1) Varron, livre III , cliap. XIV.

(2) Syntagrna de Rébus Rusticis et OEco-nomicis , etc. Erfordiœ , i /35 , in-8°. ,pag. 339.

( 3 ) Remarques sur divers endroits dIta­ lie , à la suite du Voyage de Misson. Paris ,172.2 , in-12 , tome Iv.

( 4 ) Singulier Traicté, contenant la pro-priété des Tortues, Escargots , Grenoilles,et Artichaultz. Paris , 1 5 Jo , itwp.

( 5 ) Histoire de la Vie privée des Français,etc. , tome II, page 137.

(6) Copy of an original Manuscrit entit-led, abreviate touching the Order and Go-vernement of a Noblemans House , dansVArchœologia or Miscellaneous Tracts, re-latingto Antiquities. London, 1800, in- 4 °-jtom. XIII , pag. 3 i 5 et suivantes.

(7) La Maison réglée, etc.,par Audiger.Paris , 1692 , in-12.