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'•''T 10b \"' i es anciens Grecs et Romains, uu’ils n’en-
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«nuques . e! ireprenoieiit et ne laisoient chose , ni enprivé ni en public], que sous les signes à cedédiés ( 25 ), et ne leur avenoit jamais rien,pour j)eu que ce lut, dont ils 11e tirassentdes augures et conclusions, bonnes oumauvaises , selon que la superstition leuren suggéroit la matière. Leurs arméesavançoient et rcculoient par l’avis de leursaruspices , fondé sur le vol des oiseaux ,sur le bequeler des poulets , sur le crie-ment des grues, sur le croaxemcnt desgrenouilles , et autres choses frivoles. Enleur police civile aussi et gouvernementdes champs, n’estoit rien faict sans leurconseil. De telle sorte que pour ces incer-titudes , ils n’estoient jamais asseurés enleurs desseins. Erreur qui de longue-mains’est glissée en l’entendement de plusieursd’aujourd’hui, selon que par divers exem-ples on le remarque, et parmi les nations,et parmi les villes, jusques auxmaisons pri-vées. Et non seulement les livres des pau-vres payens se voyent remplis de tellesfoibles doctrines, dont ils les ont com-posés comme une salade de plusieurs her-bes , de tout ce qui à l’aventure leur estvenu en l’entendement : mais aussi deschrestiens, lesquels en ont escrit, si nonavec scandale , à tout le moins avec riséeet moquerie. N’ayant action au monde,laquelle , selon eux , n’ait sa particulièresujection. Mesme ont-ils remarqué desjours heureux et mal heureux, ausqucls,religieusement, s’attachent ceux qui deleur gré se veulent tromper : non seule-ment pour semer, planter, et autrementouvrer en la terre , où y a quelque appa-rence de raison ; ains à tout faire , jusquesà se marier. Si que n’estans jamais tellesgens sans agitation et crainte, ne peuven IThéâtre d’Agriculture , Tome I.
par conséquent, négotier qu’incertaine-ment et à l’aventure.
Hésiode , VirAle , Colunielle, Pline, Cimo.a*
-, . -o , . suprrjlues de*
Constantin César et autres antiques ont moderne*.curieusement et scrupuleusement observéces choses-là : lesquelles reccrchans deprès, chacun trouvera par tout quelquereste de superstition jiayenne couverte dumanteau chrestien , observée de père-à-fils jusques aujourd’hui. Etlantcesvanitésont gaigné terre, que par leur adresse(comme inlerrogeans l’oracle d\Apolio)l’on s’enquiert de l’estât futur : non seu-lement de la cueillete, si elle sera bonneou mauvaise , hastive ou tardive, et sem-blables matières de mesnage , propre gi-bier du père-de-famille ; ains de toutesaffaires de sublime importance , surpas-sans l’entendement humain : de la vie etde la mort des rois et princes , de l’estât,des séditions populaires, de la discorde desecclésiastiques, des mariages des grands,de la paix, de la guerre et semblables.
Et ce par des grains de blé et des fueiilesde bouis , jettés par un enfant sur le foyerchaud et baloié, le premier jour de l’an,ou la veille des Rois : s’asseurans recevoirtant meilleure response, que plus détourset retours lesdits grains et fueiiles feront enpétillant, à cause de la chaleur. Des joursdelà sepmaine, esquels eschet, à leur tour,la feste de Noël , tire-on diverses conclu-sions pour toute l’année, donnant au di-manche, lundi, mardi, et suivons, à cha-cun sa particulière propriété. Comme demesme présage-on de ce qui aviendra enchacun mois, par les douze jours aprèsNoël , appelles fériés : et selon le tempsqu’il fera les jours de sainct Pol, sainctVincent, la Chandeleur , se fonde-onpourle reste de l’année. Aussi vainement on
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