T B. O ISIESME LIEU
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Raisin de Juillet.
2°. Morillon taconné. Vitis lanata (CharlesEtienne ).
Meunier ; à cause de ses feuilles blanchâtres.Fromente.
Resseau.
Farineux.
Il a une variété à grains blancs , nomméeUnin blanc.
Matinié.
3°. Morillon noir.
Morillon noir ordinaire.
Pineau.
Auverna , auvernas, auverna d’Orléans.Pimbart.
Manosquin.
Mérille.
Gribulot.
Massoutel.
4°. Morillon blanc.
Pineau blanc.
5°. Morillon franc.
Lampereau.
Beccane.
Tendre fleur.
Sous terre.
6°. Pineau aigret.
7°. Franc pineau.
Maurillon noir.
Bon plant.
Raisin de Bourgogne.
Pinet.
Pignolet.
Si la racine du nom maurillon est le motnoir , comme cela est vraisemblable (du latinmaurus ) , il doit être écrit maurillon.
Le i°. La précocité fait le mérite de celui-ci.Le 2°. Assez hâtif, charge beaucoup, cepsde longue durée, bon vin , terres sablonneuses.
Les 3°. et 7°. On confond ces deux sortes. Engénéral elles sont excellentes toutes deux, ré-sistent assez bien à la gelée , repercent facile-ment ; cependant il paroît qu’on distingue ladernière comme donnant le meilleur vin de laBourgogne , mais elle produit moins.
Le 4°. Très-bon fruit, peau assez dure.
Le 5°. Plus hâtif que les 2»., 3°. et 4?.
Le 6°. Donne peu de fruits.
XXXVI. Sarminien. Ce nom paroît inconnu.
Il existe une ville au royaume de Tripoli ,nommée Sarman ; plusieurs sortes de raisinssont venues de la côte d’Afrique ; il seroit pos-sible que ce fût-là l’origine du nom à? Olivier de Serres .
XXXVII. Chatus. Ce nom paroît inconnu ;on sait seulement que le mot latin chatus dési-gnoit une monnoie d’or.
XXXVIII. La Bernelle. Ce nom paroît in-connu.
Aygras. Pour compléter la nomenclature desvignes d ’Olivier de Serres , je rapporte ici cettesorte , citée page 3oi.
Ce mot est mal-à-propos écrit agyras, dansquelques éditions du Théâtre d’Agriculture.
Le verjus ou bourdelas , se nomme agras enlanguedocien ; il n’est pas douteux , d’ailleurs ,qu’ Olivier de Serres , n’ait voulu parler du ver-jus , dans ce passage.
Aigrun (à'acrumen , âcreté) , est un vieuxmot françois , qui signifie fruit aigre.
Quant au rapprochement qu’ Olivier de Serres fait du verjus avec la vigne folle de Pline (vitisinsana) , je ne le crois pas exact. Pline parlede vignes qui produisoient à-la-fois des fruitsmûrs , des fruits qui grossissent et des fleurs(vites quidem et triferœ sunt, quas ob idin-sanas vocant: quoniam in iis alia maturescunt,alia turgescunt, alia forent. Lib. XVI, cap.L. ed. Brotier) ; mais il en parle comme d’unfait extraordinaire ; d’ailleurs les Latins , etPline lui-même , nommoient plus volontiers leverjus omphacium. Voici vraisemblablement lasource de l’erreur d ’Olivier de Serres ; Du Pinet,dans sa traduction de Pline , a rendu le sens desmots fruits non encore mûrs, par le mot à'aigras(verjus) ; mais Du Pinet, évidemment, ne s’estpas servi de ce mot pour donner un nom , maispour exprimer une qualité. Quelques imitateursde Pline ont traduits ces mots de vitis insana ,par vigne enragée, et ceux de fruits non mûrs ,par aigrets. On remarque encore dans ce der-nier mot , sa ressemblance exacte avec celuiemployé par Olivier de Serres . (Ce).
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