DU THÉÂTRE D’ AGRICULTURE.
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ardoises, ou avec des tuilles ou briques ,jdates ou rondes, telles qu’on choisirapour le meilleur, selon l’usage du pays.Ce n’est de nécessité de voûter le colom-bier, en aucun endroit: car l’on peut faireun plancher au lieu de la première voûte ,et la couverture, de bois de charpente,comme l’on couvre les communs édifices :mais à condition, que les aix en soyent sibien joincts , que ni les vents , ni les ratsy puissent pénétrer à travers, et bastir sibien les tuilles au dessus de la couverture,que la pluie n’entre dedans le colombier,ainsi sera-il de bon service. Pour monterau colombier, une vizsera espargnée dansl’un des pilliers de l’édifice : ou si tant l’onne veut despendre, une eschelle satisferaen cest endroit, dès terre la faisant at-taindre à un trou, que pour entrée onlaissera à l’un des costés de la premièrevoûte, ou plancher, lequel trou fermeraà clef. Le dosme sur la couverture, por-tant la principale fenestre pour entrée etissue aux pigeons; ensemble les nids, se-ront disposés comme sera monstré. Ainsibasti le colombier , sera de belle représen-tation , et en bonté, ne cédera à aucunautre. Aussi en sera l’édifice de grandprix, mesme si la pierre de taille, par sonesloignement, enchérit l’ouvrage. Où lacommodité de la pierre défaut, le boissupplée, dont l’on dresse des bons colom-biers. Avec de l’argille pestrie, mesléeparmi les chevrons de bois, ou pour lemeilleur , avec de la brique, comme aesté dict, se composent les murailles, se-lon l’usage de la Gascongne, et autresprovinces de ce royaume , desquelles ma-tières non seulement se sert-on en colom-biers, mais aussi ingénieusement, et avecespargne, en toute autre sorte d’édifices.
Théâtre d’Agriculture , Tome II,
Ou’un estage ne donne-on communé- Encoremont au coiombier-a-pnhers, parce que lomiur.le bas demeure ouvert sous les arceaux.
Suivant l’autre façon de colombier, au-cuns y en laissent deux, faisans servircelui rès de terre, en poulailler, porche-rie, ou à autre usage , selon l’assiete.
Mais qui s’entend le mieux à cela, de toutson colombier n’en faict qu’un membre,régnant despuis le rès de chaussée ou deterre, jusques au dessous delà couverture,afin de rendre l’habitation des pigeons,et plus agréable, fresche et chaude, se-lon les endroits du colombier, et les sai-sons. Où les pigeons ayans à choisir denids, par telle commodité en tout tempsaiment le pigeonnier , sans l’abandonnerjamais : pourveu aussi que la matière desnids et leur capacité, resjmndent au na-turel de l’animal, sans laquelle corres-pondance , le colombier ne pourra estredict du tout bon.
La terre cuite, la pierre, et le bois, sont La matièreles plus communes matières dont l’on faict d c Z 0 ZiL r d!les nids des pigeons. Le pigeon sur touteau tre matière, choisit la terre cuite : pourestre fresche en esté, et non trop froideen hyver; qualités qu’on ne treuve ni enla pierre, ni au bois : l’un estant tous-jours froid, et l’autre chaud. Ayant ces-tui-ci de plus ce particulier vice, que d’at-tirer à soi des pulces, punaises et autresbestioles, au détriment de la volaille,s’attaclians au bois deux ou trois ans aprèsavoir esté mis en oeuvre, ce qu’on ne void,au moins que très-rarement, et encoresen petite quantité, ni à la terre cuite , nià la pierre. Pour ce vice aussi est le boisà rejet ter , qu’estant tous-jours chaud enesté, est du tout importun, pour la pro-priété delà saison: auquel temps le pigeon
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