128
cm QUI ESME LIEU
sa légèreté , nage au dessus , à cause dequoi elle est rejettée. Après, la bonne re-tirée du vin, est mise sécher au soleil, oudevant le leu, posée sur du papier biennet , couverte avec du linge blanc ou dupapier subtil ; afin que trop de chaleur nelui nuise , puis est mise couver. Et nonseulement sert tel tremper , à distinguerla bonne d’avec la mauvaise graine : ainsà légitimer et fortifier la bonne , pourfrancs et robustes en sortir les vers, etpour les faire esclorre presques tous à laf ois ; selon la pratique des œufs de jioule,lesquels pour mesme cause, sont jilongésEu ce Xiieu, dans l’eau peu avant qu’on les mette cou-«hap.’i. ver . Commodité qu’on ne peut espérerde la graine légère, pour n’esclorre quetard ( ou rien du tout ) dont tardifs de-meurent aussi les vers à toutes leursœuvres, à l’esclorre , au manger , aufiler : voire sujets à maladie , ne pou-vans souffrir aucun accident ; ains pres-ques tous-jours langoureux, non seule-ment meurent-ils à peu d’occasion , ainsinfectent les mieux qualifiés de leur voi-sinage. Auquel danger , s’expose celuiqui sans distinction, pesle-mesle la bonneavec la mauvaise semence.
Comment Couver ceste graine sous les aisselles,* comer. en t re les mannnelles des femmes, n’estchose profitable ; non tant pour craintede leurs fleurs, comme aucuns pensent,que pour l’agitation : ne se pouvant faireque portant la graine sur sa personne ,l’on ne la tracasse et meslinge ; avenantà tous momens que les vers, voulans sor-tir de leurs œufs , en sont destournés,par un pas ou sault de celle qui porte sursoi la graine, la renversant toute sens-dessus-dessous , à la perte du bestail, quis’estouffe en la presse, quoi-que de ses
semblables. Prenant cest article de plusloin , est très-requis garder curieusementla graine durant toute l’année , pour lapréparer de bonne heure à facilement es-clorre en la saison. L’ayant recouvrée ,ou de chés vous, ou d’ailleurs , la logerésdans des boistes de bois , bien joinctes ,garnies j>ar dedans avec du papier colésur les commissures, afin que par icelles,aucune graine ne sorte : ni entre dans laboiste, ne poussière, ne vermine, ni autreimportunité ; ains nettement y puisse de-meurer la graine. Poserés ces boistesdans des coffres ou ailleurs parmi deshardes , autres que linge ; à cause de lafrescheur de telle matière, à ceci nui-sible , pour y demeurer jusques en la sai-son de l’employer. Et à ce qu’elle ne senteaucune importune humidité, ni froidurependant tel séjour, est requis faire dufeu durant l’hyver en la chambre où l’ontiendra les coffres : car estant plus chaudeque froide , la graine s’y prépare delongue-main, comme désirés : ce qu’ellene feroit, si selon l’ordre d’aucuns, onla tenoit dans des phioles de verre , lafroidure de telle matière la retardant d’es-clorre. Ces nécessaires observations, ontapprins de n’exposer jamais la graine deces vers ( non plus que les vers mesmes)à la merci des froidures : ains de la con-server tant reculée qu’on pourra de l’hu-midité et des gelées. Pour ce faire , ave-nant de l’envoyer quérir en Espaigne ouailleurs, que ce soit durant l’esté : parce moyen, évitant les incommodités del’automne et de l’hyver , arrivera chésvous bien qualifiée; et tout asseurément,si c’est par terre qu’on l’apporte ; parmer la chose n’estant sans hazard, à causede l’humidité de la marine, et autres
mauvaises