DU THÉÂTRE D’AGRICULTURE.
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de difficulté pare-on les vers de la froi-dure , que de la chaleur. C’est en les te-nant estroicteinent en leur commence-ment, et largement à la fin , peu à peuselon leur aage les eslargissant , pourfinalement les mettre du tout à leur aisesur les estaudis. Cependant employer àpropos, selon les occurences, les eschauf-fèmens , jiarl’aide du feu : et les rafres-cliissemens, par les ouvertures des fenes-trages du logis.
om quai™ Les vers - à - soye, durant leur vie ,
maladies na- , .. , _ ...
tutelles et or- changent quatre fois de peau (ainsi que
dinaires. -i /' *1> ' \ * 1
les serpens une lois 1 annee ) qui leurcause autant de maladies : pendant les-quelles ne mangent du tout rien , maisimmobiles , ne font que dormir , passansainsi leur mal. Ces maladies (pour cesraisons , appellées des Espaignols, dor-milles ) sont comparables à celles des pe-tits enfans, vérole, rougeole, scini-pion , esclate , et autres , que de néces-sité ils ont en leur jeunesse, desquellesils sortent estans bien gouvernés. Ainsipar bonne conduicte nos vers se sauventde ces maux nécessaires, évitans le périlde mort : toutes-fois avec plus de diffi-culté des dernières cpie des premières ,pour l’aage : en estans plus travaillésvieux , que jeunes , comme il avient auxhommes, qui n’ayans eu en saison lesmaladies de la jeunesse, en estans fraj)-pés plus tard , plus dangereuse en estAu„i de, aussi l’issue. Outre ces maladies ordi-
occidentales. • 1 * 1 *
naires, en ont les magmaux des acci-dentales , provenantes du temps , de laviande, du logis, de la conduicte : les-quelles on guérit moyennant particuliersremèdes , comme sera monstré. En lacure des ordinaires, poinct d’artifice ; ilne faut que s’abstenir de bailler à man-
ger aux vers, lors qu’ils ref usent la viande,et leur en donner modérément, l’apétitleur estant revenu : tous-jours les paistrede bonne fueiile et nettement les tenir.
La première maladie, mue, dormille,despouillement (diversement appcllée) ,avient auliuictiesme ou dixiesme jour deleur naissance : les suivantes , liuict oudix , l’une de l’autre , plus ou moins ,selon le climat et qualité de la saison,desquels la chaleur raccourcit l’intervallede ces termes. A quoi sert aussi la bontéde la viande, et la diligente solicitude :car tant plus l’on donne à manger à cebestail de fueiile bien qualifiée ( si toutes-fois ils veulent manger) tant plus en seracourte leur vie.
La maladie des magniaux se recognoist a q „„ipremièrement à la teste , qui s’enfle lors 7 eZ 7 ZZ-qu’ils veulent muer ; d’autant qu’en tel d “''endroit commencent à se despouiller ,mais plus apparemment ès dernièresmues qu’ès suivantes ; ne pouvant en lapremière , presques discerner que c’est,pour la petitesse de l’animal. Pendantqu’ils dorment, se faut abstenir de leurdonner à manger (car aussi ce seroit peineperdue), seulement quelque peu de fueiileleur jettera-on , pour sustenter ceuxd’entre les dormans , qui veillent : les-quels par ce moyen, discernés, serontséparés d’avec les autres , pour estre as-semblés avec ceux qui sont de mesmeaage. Un couple de jours leur tient cha-cune maladie 5 au troisiesme commen-ceans à se remettre en santé : ce qu’onrecognoist au manger, qui leur revientavec beaucoup d’apétit. Lors on leurrebaillera la viande , mais peu, afin de11e les saouler trop tost , augmentantleur ordinaire de jour à autre , selon