SIXIESME LIEU
Oignons,
Les semer.
Les planter.
Les cueillir.
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ment semées, autre moyen n’y a-il de lescultiver, que par sarcler : et touchantl’arrouser , c’est en y jettant l’eau pardessus, ou l’y faisant courir à la manièredes prés, si à ce le plan est façonné. Enl’imc ou en l’autre de ces façons-ci, esle-vera-on les semences, indifféremment,selon qu’il vous plaira, en automne et auprintemps, pour jardin d’hyver ou d’esté.De-rechef, mettra - on en cestui jardind’esté, des viandes du jardin d’hyver :estant commune fourniture de tous jar-dins, sans distinction, toute sorte depo-taaerie et lierberie.
O
Reprenant l’oignon, ici nous lui bail-lerons semblable place que ja avons faicten l’autre jardin , le logeant premier detoute la potagerie. Eu terre desliée , etbien engraissée avec menu fumier, lagraine d’oignon en sera semée , la luneestant en decours : puis les oignons enprovenans , par serfouer et sarcler nette-ment tenus , seront deschargés d’impor-tun voisinage : à l’accroissement desquelsaidera beaucoup l’arrouser au besoin ,sans souffrir qu’ils endurent soif. Au moisde Mars ou d’Avril, se rendront propres àtransplanter (24) ce qu’on fera en la ma-nière susdicte : à quoi sera ad-jousté cestavis, que de les fourrer en terre le moinsqu’on pourra 5 seulement en couvrira-onla teste pour la faire engrossir, cela n’es-tant à espérer profondément enterrés :au contraire des pourreaux, comme seraveu. Ainsi plantés les oignons , moyen-nant bonne culture et requis arrousement,vers le mois d’Aoust ou au commence-ment de Septembre , attaindront-ils leurparfaicte meurté : laquelle recognoistrésà leur fueillage , se fenant et abbattantdesoi-mesine. Alors les arracherés de terre,
et tout aussi tost les embottelerés en pe-tits faisseaux, comme les aulx, pour en lessuspendant les faire sécher et servir deprovision durant l’année. Si à meurir lesoignons tardent par troji à vostre gré, lesadvancerés en leur ostant l’eau et faireendurer la soif, en les trépignant, et tor-dant le col j dont emmatis, se rendronttost au poinct que voudrés. Sans néces-sité, en autre temps qu’en decours delune, ne sera l’oignon ne semé, neplanté , ne cueilli, pour le respect prin-cipalement de sa conservation : plus as-seurée estant en tel terme de lune, qu’enautre.
En certains endroits où la garde desoignons est difficile, se perdans par pour-riture, pour les conserver sainement, onles tient dans le vinaigre, les y prenant du-rant l’année à mesure de l’usage. Autres,après les avoir escliaudés dans l’eau bouil-lante, puis séchés au soleil, les gardentsur la paille, les y arrengeans sans se tou-cher l’un l’autre. Columelle veut qu’onles tienne dans des vazes parmi certainesaulce composée de thym, desarriète, troisparts de vinaigre et une de saumure ( 25 ).Mais j’estime n’estre besoin de se donnertant de peine en aucun endroit de cesprovinces , par en toutes celles de ceroyaume , la garde des oignons se rendreassés facile. De diverses couleurs d’oi-gnon y a-il, dont les blancs sont les plusprisés presques par tout, pour leur dou-ceur, que plus agréable ils ont, que lesrouges.
Pour avoir de la semence d’oignon ,faudra replanter des oignons bien choisis,sains et entiers, de la sorte que mieuxvous agréera , et en quantité requisepour vostre fourniture , comme de quatre
En quelpoinct delune , pourestre corner «vables.
Moyensde les garderlonguement.
LIv, XII,cliap. x.
Les fairegrainer.