DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Autresplantes quearbres , es-cussonnables.
s’esventans par le vuide , qui de néces-sité s’y laisse , ainsi les gouvernant.
Par escusson aussi se sert-on à enterplusieurs plantes à fleurs, à bouquets , àla médecine, estans un peu f ortes : commeroziers, oeillets , violiers , passe-velours,passe-rozes, buglosses, cicliorées et sem-blables , pour les bigearrer et diversifier :moyen que l’expert jardinier employera,y ad-joustant tous-jours quelque chose deson industrie, selon les occurences , pourl’illustration de ceste excellente science.En canon, Aussi sont très-proprement entés plu-sieurs arbres en canon, cornucliet, tuiau,flusteau , ainsi dicte telle sorte d’enter ,des instrumens de ces noms , laquelle aesté ignorée par les Antiques, qui d’autremanière que des précédentes , ne se ser-voient à 1’affrancliissement de leurs ar-bres , aujour-d’liui familiarisée et utile-ment employée. Est nécessaire en cestendroit, aproprier entièrement le greffeau sujet, c’est à dire, les deuxestre d’unemesme mesure , ne pouvant, ceste sorted’enter, souffrir l’inégalité. C’est pour-quoi , sur nouveaux rejects prend-on lesgreffes , et sur semblables jettons l’on lesinsère et canone, afin que mieux se con-joignent ensemble, que moins de dispa-oà prendre rité se trouvera par-entr’eux. Les jettons” pour canons seront choisis et cueillis
comme ceux à escusson, c’est assavoir ,au bout des principales branches, groset vigoureux , ne se pouvant commodé-ment tirer de greffes par trop minces. Entel endroit donques, sera prins le canon,taillé de la longueur de deux à troisdoigts, portant autant de bourgeons ouoeillets que la Nature y en aura mis , etaprès en avoir couppé les fueillcs et laisséles bouts des queues, comme dessus ,
de les retirer
conviendra, en maniant, pressant, rou-lant entre les doigts la branchette , avecdouce force , emmatir l’escorce pour laséparer d’avec le bois, puis coupper l’es-corce sur le bois , de la mesure susdicte ;finalement sortir le canon. Ce que ferés M„ y „très-bien, tenant le canon d’une main, et , ,
7 7 des branches t
le reste du jetton de l’autre , en tordant sah,s “ cn -avec un peu de violence, pour séparer lecanon du bois avec les germes attenansaux oeillets , pour, sains et entiers, estrerapportés sur le sauvaigeau. Mais à cequ’on ne se desçoive , ceci sera observé ,que tordre tous-jours d’un mesme costé lecanon , car variant en telle action , lesgermes ne se pourvoient séparer du bois,entiers, comme de nécessité tels les fautavoir : ce que vous recognoistrés par sem-blable addresse que celle del’escusson,qui est, regardant en dedans le canon.
Sorti qu’ayés vostre canon, sans séjour-ner , de peur de l’esvent, l’appliqueréssur le sauvaigeau, en branche d’esgale
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grosseur au canon, comme a esté dict,laquelle tronçonnée , l’escorcerés pourfaire place au canon. Fendrés l’escorcede la branchette, de long en trois ouquatre endroits , la séparant d’avec lebois, d’icelle faisant comme des cour-roies sans les coupper : puis en la placede l’escorce, sur la branchette nue, illet-trés le canon, l’enfonceant tant avant,qu’enfin joignant parfaictement au boissauvaige, la sève en ressorte en haut par-entre le canon et le bois du sauvaigeau,rendant humeur blanche et gluante, signecertain le canon estre au poinct désiré.
Mais à ce que la sève ne s’esvente au dé-triment de l’oeuvre , avec un Cousteauraclerés du bois escorcé tout ce qui sur-saillira en haut hors du canon , et ce en
Et de lesappliquer.