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SIXIESME LIEU
telle sorte, que la racleure s’arreste aubord du canon, pour y servir de rempartcontre le vent, et pour garder que la sèvede l’arbre ne se perde par ce costé-là,rejaillissant en baut : ne laissant du boisescorcé et raclé, que deux doigts par des-sus le canon, après avoir couppé le reste.Par ainsi, la sève demeurant en son lieu,nourrira très - bien l’ente , moyennantaussi que le canon soit fourré par le basentre l’escorce et le bois , à ce qu’en cestendroit-là, couvert par l’escorce du sau-vaigeau, ne se puisse esventer. Ce seraavec moins de doubte de la reprinse del’ente , si on enduict les deux bouts ducanon avec de la cire, et si l’ente est en-velopé avec quelques fueilles ou linges,afin qu’aucune partie de la sève ne seperde, bien-que ce ne soit du communusage. Ceci est aussi observable, que defaire regarder les principaux œillets del’ente, vers le septentrion, pour là estreplusasseurés les vergettons en provenons,que croissa ns en autre aspect du ciel,pour les raisons dictes.
De ces deux façons d’enter, escussonet canon, se sert-on en France duranttout l’esté , pour la continuation de lasève provenant de la frescheur du climat.En climat méridional, la sève s’arresteès jours caniculiers , leur ardante chaleurla desséchant, laquelle revenue à l’entréede l’automne, lors on recommence à en-ter : mais à cause de l’approche de l’hy ver,les jettons des entes ne se peuvent guièresallonger 5 voire l’escusson et canon, enquelque pays que ce soit, ne font en tellesaison , que se reprendre sans pousser,ou ce seroit fort peu , attendant de s’ad-vancer au renouveau, les froidures estanspassées (i 25 ).
CHAPITRE XXIV.
Plusieurs autres Manières cTEnter lesArbres,poitren diversifier les Fruicts.
Pour satisfaire à la curiosité de plu-sieurs, je coucherai ici en reng diversesautres façons d’enter les arbres , et enmeslinger les fruicts , par lesquelles sub-tilités aucuns s’efforcent de s’accommo-der de fruictiers : à ce qu’y treuvant dujour, rejettée toute impertinence, nostremesnager s’en puisse servir selon le ju-gement de sa raison. Je ne ferai mentiondes entes sur troncs de chous, sur des or-meaux , des chesneaux , des fresnes, desobiers et semblables, pour n’estre d’au-cune valeur, tant pour la difficulté deleurs reprinses, courte vie, que peu deplaisir qu’on pourroit tirer de la saveurdes fruicts sortans de tels monstrueuxmariages : dont à bon droict, condam-nables , l’on ne s’amusera à telles vanités.
Aucuns, jiour avoir abondance de fruic- E'iter mr
, .. . | /•/. perches de
tiers, en tout enraciner les grelles en uneperche de saule, en ceste manière. Avecun foret ou vebrequin ils persent la perchejusqu’à la mouëlle , en autant d’endroitsqu’ils désirent avoir des arbres, comme dedemi en demi-pied , puis à chacun troufourrent un greffe à ce accommodé ,qu’ils lutent et couvrent, afin que l’eau11’y entre par là. La perche est couchéedans terre de son long , elle est enterrée,et les greffes aussi jusqu’à deux doigts deleurs summités , lesquelles ressortans deterre à l’aer, font là leurs jettons. Laperche s’enracine par l’humidité du fonds,
arrousé,