Band 
Tome II.
Seite
368
JPEG-Download
 

368

SIXIESME LIEU

telle sorte, que la racleure sarreste aubord du canon, pour y servir de rempartcontre le vent, et pour garder que la sèvede larbre ne se perde par ce costé-,rejaillissant en baut : ne laissant du boisescorcé et raclé, que deux doigts par des-sus le canon, après avoir couppé le reste.Par ainsi, la sève demeurant en son lieu,nourrira très - bien lente , moyennantaussi que le canon soit fourré par le basentre lescorce et le bois , à ce quen cestendroit-, couvert par lescorce du sau-vaigeau, ne se puisse esventer. Ce seraavec moins de doubte de la reprinse delente , si on enduict les deux bouts ducanon avec de la cire, et si lente est en-velopé avec quelques fueilles ou linges,afin quaucune partie de la sève ne seperde, bien-que ce ne soit du communusage. Ceci est aussi observable, que defaire regarder les principaux œillets delente, vers le septentrion, pour estreplusasseurés les vergettons en provenons,que croissa ns en autre aspect du ciel,pour les raisons dictes.

De ces deux façons denter, escussonet canon, se sert-on en France duranttout lesté , pour la continuation de lasève provenant de la frescheur du climat.En climat méridional, la sève sarresteès jours caniculiers , leur ardante chaleurla desséchant, laquelle revenue à lentréede lautomne, lors on recommence à en-ter : mais à cause de lapproche de lhy ver,les jettons des entes ne se peuvent guièresallonger 5 voire lescusson et canon, enquelque pays que ce soit, ne font en tellesaison , que se reprendre sans pousser,ou ce seroit fort peu , attendant de sad-vancer au renouveau, les froidures estanspassées (i 25 ).

CHAPITRE XXIV.

Plusieurs autres Manières cTEnter lesArbres,poitren diversifier les Fruicts.

Pour satisfaire à la curiosité de plu-sieurs, je coucherai ici en reng diversesautres façons denter les arbres , et enmeslinger les fruicts , par lesquelles sub-tilités aucuns sefforcent de saccommo-der de fruictiers : à ce quy treuvant dujour, rejettée toute impertinence, nostremesnager sen puisse servir selon le ju-gement de sa raison. Je ne ferai mentiondes entes sur troncs de chous, sur des or-meaux , des chesneaux , des fresnes, desobiers et semblables, pour nestre dau-cune valeur, tant pour la difficulté deleurs reprinses, courte vie, que peu deplaisir quon pourroit tirer de la saveurdes fruicts sortans de tels monstrueuxmariages : dont à bon droict, condam-nables , lon ne samusera à telles vanités.

Aucuns, jiour avoir abondance de fruic- E'iter mr

, .. . | //. perches de

tiers, en tout enraciner les grelles en uneperche de saule, en ceste manière. Avecun foret ou vebrequin ils persent la perchejusquà la mouëlle , en autant dendroitsquils désirent avoir des arbres, comme dedemi en demi-pied , puis à chacun troufourrent un greffe à ce accommodé ,quils lutent et couvrent, afin que leau11y entre par. La perche est couchéedans terre de son long , elle est enterrée,et les greffes aussi jusquà deux doigts deleurs summités , lesquelles ressortans deterre à laer, font leurs jettons. Laperche senracine par lhumidité du fonds,

arrousé,