DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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et la lune en son premier quartier. Lespeschers aussi , se remettront par telmoyen, pour la sympatliie qui est entretelles plantes , lesquelles ont aussi decommun , le mourir plustost par le basdes brandies (ou au moins d’en faire lesemblant), que par leurs bouts et cimes :dont à voir , ces arbres sont rendus mal-plaisans , passé qu’ils ayent leurs six ousept premiers ans (i3i).
Tout-d’une-main a esté pourveu à lacueillète des fruicts de ces arbres, leurseul discours nous ayant suffisammentinstruits à cela. Seulement avisera-on dene les tirer jamais des arbres qu’en bonnematurité. Des gardables et propres à sé-cher , pour en faire provision pour l’hy-ver : et des autres , s’en servir à mangerau jour la journée durant la saison : etd’en appareiller aussi en confiture et com-poste , où ils se ployent très-bien : mesurel’abricot confit au succre , paroist entreles exquises confitures.
Amandier, Estant l’amandier arbre primerain,
aussi sera-il mis des premiers en terre ,voire dès le commencement de i’hyver,la lune estant en decours , le temps nonventeux, ne pluvieux. Il se plaist en lieuexposé au soleil, chaud et sec, jrluspierreux et sablonneux qu’argilleux :haïssant les humides et fortes terres. Estde petit entretien et de bon rapport : etle seroit meilleur , s’il ne se hastqit tant àflorir, avenant très-souvent que n’es-tans escoulées les froidures de l’hyver ,lors qu’il produit ses fleurs, toutes sontemportées par le mauvais temps , et avecelles , l’espérance du fruict. C’est le vicede l’amandier , pour lequel corriger on arecours au planter , qui gouverne le flo-rir : car en semblable temps il florira,
’ortrl’amandierornrne à
qu’au-paravant l’on l’aura planté , ayantattaint l’aage de porter : et à cela con-tinuera-il durant toute sa vie , selon quepar accident ce remède a esté treuvé sa-lutaire. Pour donques f aire florir l’aman- jfw ji,dier , comme à poinct nommé et tempsasseuré , nous le planterons vers la fin p°\ nanom -du mois de Février, ou au commence- ™ r rés ' r -ment de celui de Mars, et lors florissant,la tardité de la saison conservera la fleurpour le fruict. En ce tardif planter, lare-prinse de l’arbre est très-doubteuse, pourson naturel liastif à bourgeonner , quiavoit faict ordonnera nos Ancestres , dele loger en terre des premiers, comme aesté dict : mais elle s’asseurera par i’ar-rouser quelques-fois en son premier esté,ès plus importunes chaleurs , mesmen’ayant le printemps esté suffisammentpluvieux. Ne craignés que la sève del’amandier (qui en telle saison est fort ap-parente) empesclie sa reprinse, car plus-tost elle la favorise , pour le naturel detous arbres, dont le fruict fournit de l’huileau mesnage, voulons estre plantés en lajrrimevère, comme l’olivier et le noier.
Le mesnager estant favorisé du climat,fournira d’amandiers ses légères terres ,aux blés desquelles ne nuiront-ils beau-coup , n’estans par tnq) fournis ni de ra-cines ni de rameaux. C’est sans doubteque l’abondance de fumier tue les aman-diers , qui sera pour avis , afin d’en es-loigner des racines tous engraissemens ,estant question d’amender les terres com-plantées de tels arbres. Ne convient denécessité enter l’amandier, d’autant quefranc, sort immédiatement de la semence :toutes-fois telle curiosité aide beaucoup àen affiner le fruict, et à l’adoucir avec :cor d’amer , il devient doux par enter ,