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Tome II.
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DU THEATRE D AGRICULTURE.

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sans les remuer que pour en prendre àmanger : croyans que la curiosité de lesrevoir, pour en séparer les pourries da-vec les saines ou autre occasion, gastetout le monceau. Ceste façon-ci est aussireceue par aucuns : les pommes sont en-fermées dans des tonneaux défoncés dunbout, assis sur lun de leur fond, lautreregardant en haut ; et parmi elles, estmise de la paille pour les garder de sentre-froisser : le tonneau est après renfoncési justement, que laer ny puisse entrer,non plus que sil estoit rempli de vin 3les pommes se gardent saines et entières,jusquau printemps. Mais plus asseuré-ment et plus longuement se gardent lespommes dans les tonneaux , en ceste ma-nière : sans y mettre aucune paille, lonles emmoncelle dans le tonneau, les y ar-rengeant doucement lune après lautre,sans les presser : puis est le tonneau fer- assez grossièrement, sans se soucierde respirer ou non. Ceste curiosité y estad-joustée, que lhumeur que les pommesainsi pressées rendent en suant, est sé-chée avec un linge blanc, avec la sueurostantla cause de leur pourriture. De dixen dix jours lon les visite , une à une ,curieusement les essuyant, sans les pres-ser , tout doucement les remuant de lieuen autre : ce que réitéré par trois ou quatrefois , et en somme jusquà ce quon reco-gnoistra les pommes ne suer plus , dontdeschargées de telle humeur nuisible, segarderont sainement de en hors tantquon voudra.

<w nm Chacun consent à ceci, que le lieu au-'garZ à Je, l°n garde les pommes, doit estrepomme,. tempéré de chaleur et froidure , non hu-mide , ains sec et modérément aéré. Lespommes qui se treuveront cassées quand

lon les cueillira, non toutes-fois pourries,seront employées en la boisson , lusagedu pays le portant, ou à tel défaut lonles couppera à quartiers , puis séchées ausoleil ou au four, serviront au mesnagedurant lannée, les faisant manger parles valets, trempées en vin, ou en potages,ou meslées au pain, avec le blé, réduictesen farine, si labondance de tel fruictnen faict réserver pour les pourceaux.Nest convenable de confire des pommespour la table du seigneur, ni au succre ,ni au miel, ni au vin-cuit : parce que cefruict ne se peut guières bien accommoderà aucune sorte de confiture: très-bien entartellages , buignets et semblables gen-tillesses de cuisine, pour estre mangéincontinent, qui est tout le desguisementquil souffre (i36).

En mesme saison que le pommier estplanté le poirier, en mesme sorte : et enmesme façon et temps , est enté etaffranchi, pour la sympathie de leursmoeurs. En ce peu discordent-ils par-en-treux, que le poirier ne monte si haute-ment que le pommier; quil aime pluslaer chaud, que le froid, toutes-foistempéré; quil profite plus en terre ten-dante à largille , quau sablon , telle queles fromens la désirent. Sur lui-mesmesente le poirier, sur le pommier aussi,en change de pareille facilité : et ensomme, sur mesmes sujets que le pom-mier se reprend et vit le poirier, commesemblable soin est requis au recueillir etgarder les poires que les pommes : toutes-fois , sous les diversités ci-après repré-sentées. Il 11y a arbre, entre tous les pri-vés, qui tant abonde en espèces de fruicts,que le poirier, dont les diverses sortessont innumérables, et leurs différentes

Poirier .

et com-ment le planter et enter.