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SIXIESME LIEU
et on mouille assiduement jusqu’à la levée. Dumilieu de Floréal ( commencement de Mai ) à lafin de Prairial ( mi-Juin) , on replante en bonneterre, et à trente-trois centimètres (un pied)environ de distance ; on sarcle , on bine , et onarrose au besoin ; à l’automne, on lie sur place ,et on butte, les pieds de céleri pour les faireblanchir. A l’approche des fortes gelées , onarrache ce qui en reste, on l’enterre profondé-ment dans des tranchées ou rigoles, où on leprend à mesure du besoin , et que l’on couvrede paille ou de grande litière dans les froids ri-goureux. Le céleri rave , dont tout le produitconsiste dans sa racine , 11e doit pas être lié nibutté. On conserve ses racines l’hiver, dans uneserre ou cave , enterrées à la manière des ca-rottes et des autres racines potagères.
L’arachyde ( arachys hypogœa) , et le souchetcomestible {cyperusesculentus), plantes écono-miques nouvellement introduites en France ,appartiennent plutôt à la grande culture qu’àcelle des potagers, et ne seront pas placées ici.
C’est dans un des chapitres subséquens ,qu’ Olivier de Serres parle du topinambour, duchampignon, et des fraisiers. (V-)
CHAPITRE X.
rageM, ( 55 ) Il seroit difficile de déterminer bien
11 • positivement quelles espèces de roses Olivier
ligne îO. *■ 1
de Serres a voulu désigner sous les noms d’in-carnates , blanches , rouges , etc. Cette re-cherche d’ailleurs seroit plus curieuse qu’utile;car le nombre des espèces et variétés cultivéespour ltarnement des jardins , s’est tellementaccru-depuis son temps , que ce qu’il a dit surcette matière est aujourd’hui tout-à-fait insuf-fisant , et oblige nécessairement à avoir recoursà quelqu’ouvrage plus moderne. Parmi ceux-ci,nous citerons le Botaniste Cultivateur, parM. Dumont-Courset. Paris , an AX-1801, 4 vol.in-8°. , avec figures; comme présentant un tra-vail méthodique sur la nomenclature des diffé-rentes espèces de rosiers, et de bonnes indicationssur leur eu lture.
Outre les boutures et les drageons enracinés ,011 emploie encore pour la multiplication desrosiers la voie du couchage ou marcottage. La
greffe sur les espèces sauvages est encore une res-source pour la prompte multiplication d’espècesdélicates , ou que l’on craindroit de perdre.
L’espèce employée de préférence pour forcer,c’est-à-dire pour se procurer des fleurs en hiver ,est la quatre-saisons. Les jardiniers de Paris ,qui en cultivent beaucoup dans cette vue , s’yprennent ainsi : Ils ont des pieds repris en pots ,du printemps ou de l’automne précédent ; deVendémiaire (Septembre) en Pluviôse (fin deJanvier ) , suivant l’époque à laquelle ils veulentavoir des fleurs , ils les taillent ; ensuite ilsenterrent les pots sous un châssis exposé aumidi , sans autre chaleur artificielle , mais secontentant d’empêcher la gelée d’y pénétrer ,au moyen de réchauds de fumier, placés quandle froid l’exige ; ils ont ainsi des roses pen-dant tout l’hiver. Si on vouloit soumettre aumême traitement la rose à cent feuilles, il fau-droit ne la tailler qu’en Pluviôse (Février). Onpeut aussi forcer les rosiers dans des bâches etserres chaudes.
La greffe du rosier sur le laurier et le houx ,pour se procurer des roses extraordinaires , ettoutes celles du même genre que l’on trouve in-diquées dans les anciens auteurs , ont été detout temps condamnées par la raison et l’expé-rience. Celle-ci a prouvé que ces unions bi-zarres , loin de produire les effets annoncés ,ne pouvoient même avoir lieu , ou au moinssubsister un certain temps , faute d’analogieentre les sèves ; les épreuves faites et rapportéespar Duhamel, ne laissent aucun doute à cetégard. Aujourd’hui on greffe beaucoup de ro-siers en boule , sur des scions droits et vigou-reux de rosiers sauvages arrachés dans les boiset transplantés dans les jardins. Cette formen’est pas sans agrément ; au moins est-elle fortà la mode à Paris , depuis quelques années. {V .)
( 56 ) Ce que l’auteur nomme jasmins rouge rage =69et bleu, sont des plantes étrangères au genre 1
jasmin. Il se pourrait que, sous le premier nom ,il eut entendu le hignonia radicans , vulgaire-ment appelé jasmin de Virginie , ou Vipomeacoccinea, fort jolie plante grimpante annuelle ,cultivée encore aujourd’hui sous le nom dejasmin rouge de l’Inde . Quant au jasmin bleu,