DU THEATRE D’AGRICULTURE.
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Subthtilitù
utile. .
Autre JtfacMde cistererne.
avec plaisant rencontre, pour double ser-vice, les restes s’en réservent utilement,selon que l’homme d’esprit l’ordonnera ,et aura le lieu propre, comme le pendantest à ce le plus commode. Pourl’espargne,l’eau ne tirera que le jour, la tenant fer-mée la nuict : et encores du jour, si nevoulés , que lorsque vos amis vous vien-dront voir, et à autres bonnes heures qu’ilvous plaira. Il est nécessaire pour fournirà ces belles aisances, d’édifier la cisterne,tant ample, qu’elle puisse contenir grandeabondance d’eau, tumbant plustost ducosté du trop , que du peu. Et si on yveut aller à peu près que de la juste pro-portion , mesurerés combien de vazesplains d’eau sortent de vostre fontainefainte, chaque heure ; conférés combiend’heures on la tient ouverte, dans cinq ousix mois j durant lequel temps , l’on nepeut estre reprovisionné d’eau, à causede la sécheresse, quelques années telles serencontrant par faute de pluvoir : pourlà dessus édifier la cisterne, laquelle aural’amplitude requise , et tellement pro-portionnée, par arithmétique et géomé-trie, qu’elle contienne d’eau,autant qu’ilen fera besoin, pour le service susdict.Si le mesnager ne veut user de telle ma-gnificence , se contentera de vuider l’eaude sa cisterne , pour l’ordinaire servicede sa famille , par un robinet fourré enbas , en l’ouvrant et fermant au besoin.Se prenant garde de si bien tenir clos telrobinet, qu’imprudemment ou malicieu-sement il ne soit ouvert mal à propos,de peur non seulement d’en perdre l’eau,ains d’en estre incommodé par sa vui-dange (11).
, Une autre sorte de cisterne est venueen usage par la dextérité d’un gentil-
homme de la chambre du roi, le seigneurIManfredo Balbani, gentil-homme Lu-quois, qui en est l’inventeur, l’ayantfaicte heureusement pratiquer en la mai-son du seigneurSébastien Zamet, àParis,l’année mil cinq cens nonante - neuf,comme j’ai veu. Ceste cisterne se faictsans aucune maçonnerie,ne ciment, dontla despence en est rendue beaucoup moin-dre, que des cisternes ordinaires. Ce no-nobstant , l’eau s’y conserve très-bien ,et en telle abondance qu’on veut, icelledépendant du réceptacle. Ce qui se voidde ceste manière de cisterne, ne marqueautre chose qu’un puits, dans lequel l’eauest puisée comme ès puits communs. Lafabrique en est telle. L’on creuse unefosse en figure quarrée, de cinq toises enchacune face, profonde de trois à quatre.A une toise près de l’une des faces, laplus esloignée des couvertures, d’où l’eaude la pluie doit venir, est faict le puits ,ainsi appellé pour la conformité qu’il aavec les ordinaires : il est enfoncé dansterre, quatre pieds plus avant que leplan général de la grande fosse , au fonsduquel est mise de l’argille pestrie, unpied d’espesseur , et au dessus demi-piedde sablon. Tout-d’une-main, l’on com-mence à bastir le puits avec de la briqueou pierre sèche, sans mortier ne ciment,mais pierre plate , pour tant mieux tenirensemble , sans crouler : la figure en estronde, de quatre à cinq pieds de dia-mètre : l’espesseur de la muraille estd’un pied. Le fons de la grande fosseest universellement couvert d’argille pes-trie, d’un pied d’espesseur, afin de re-tenir l’eau sans se perdre par le bas, etau-dessus d’icelle, est mis du sablon gros-sier, fort net, et sans terre. Le sablon neA a a a 2
L'ordrequ'on y tient.