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en face (le la broche , mais en divergeant un peu , et laissantéchapper autant de filamens qu’il en faut pour former son fil.Lorsque la fileuse a étiré une aiguillée de fil aussi longue quel’étendue de son bras le lui permet, elle arrête la roue, lui donneun petit mouvement en sens contraire, pour que le commence-ment de l’aiguillée, qui s’est tourné en spirale sur la broche, setrouve un peu relâché ; alors elle approche son bras, et attire lefil de manière qu’il fasse un angle droit avec la broche, et elleavance progressivement sa main au fur et à mesure que le fils’enveloppe sur la broche. Elle recommence ensuite une nou-velle aiguillée, en étirant de la même manière, et cela tant quela loquette peut lui fournir de matière : lorsque cette loquetteest presque complètement épuisée , elle incorpore ce qui luireste à la main avec une nouvelle loquette.
296. La différence qui existe dans la construction des rouets etdans les procédés qu’on emploie pour filer les matières peignéesou les matières cardées, dépend de la bien plus gi’ande dispositionqu’ont ces dernières à subir l’opération de l’étirage ; car les fila-mens courts et bouclés dont elles sont composées s’accrochent,s’entrelacent, se suivent et s’unissent avec autant de facilité quede régularité ( pourvu cependant que les premiers apprêts aientété exécutés avec soin). Il s’ensuit de ce que nous venons dedire , que , pour produire leur étirage, la fileuse n’a nul besoinde quenouille ; il suffit quelle tienne dans sa main gauchela loquette à filer ; et, en comprimant plus ou moins cetteloquette, elle règle la sortie plus ou moins grande des fila-mens qui s’écoulent hors de la loquette, toutes les fois quelleétire une aiguillée, c’est-à-dire, toutes les fois quelle éloigne laloquette de l’extrémité de la broche, en élevant son bras.
297. Il n’en est pas de même pour le filage des matières pei-gnées; leurs filamens, étant droits, longs, lisses, rigides, ne s’ac-