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jamais je ne croirai que les voluptueuxde Rome accourussent en foule à cesbains.
Vulcanello, et par conséquent Vul cano , car ces deux îles sont réunies,ne sont qu’à dix-huit cents toises deLiparia( PI. 955 . Leur origine est tout-à fait indépendante, puisqu’au rapportde Pline,liv. II, cliap. g, l’apparitionde Vulcanello ne remonte qu’à l’an55o, a. u. c., tandis que Thucycide, ouiécrivait deux cents ans avant, parledes phénomènes de Vulcano , qui plustard ont été observés par Aristote etpar Strabon .
La cime escarpée de Vulcanello estterminée par un cratère, dont la cir-conférence supérieure est de deux centcinquante toises, et le fond desoixanteà quatre vingts pieds. Quoiqu’il ne soitpas éteint, il se remplit chaque jour,et finira par se combler. L'adhésionde Vulcano et de Vulcanello date seu-lement de i55o; c’est le résultat d’uneéruption dont les éjections remplirentpresqu’entièrement l’intervalle qui sé-parait ces îles, et forma en les joignantles deux ports : porto di Levante, etporto di Ponente. Ces îles ontensemblevingt milles de circonférence. On pré-tend que Vulcano est la Jera des Grecs,la Sacra des Latins. Les feux qui y brû-lent encore lui ont sans doute méritécette consécration à Vulcain , dontVirgile a si bien profiLé au huitièmelivre de son Enéide .
Insula Sicanium juxtà latus ÆoliamqueErigitur Liparen, fumantibus ardua saxis ;Quam subter specus et Cyclopum excsa caminisAntra Ætnæa tonaiit, validique incudibus ictusAuditi référant gemitum , striduntque c.ivernisStrieturæ chalybum , et fovnacibus ignis auhelat:Yulcani domus et Vulcania nominc tcllus.
b
Du. sein de cette mer où sur leurs rocs éparsLes îles d’Eolie appellent les regards ,
Auprès de Liparis, et non loin de Sicile ,
L’onde jusques aux deux voit s'élever une île
N.
Qui toujours noircit l’air de son sommet fumant;Dans ses flancs embrasés tonnent incessammentEt les pesa ns marteaux et la bruyante enclume:Là, sans cesse irritant le feu qui le consume,
Des soufflets haletans le vent chassé rugit;
De coups moins redoublés l’Etna tremblant mugit;Et l’air, l’onde et les feux, exercés à toute heure,Fatiguent de leur bruit la bruyante demeure:Palais du noir Vulcain, cette île en a le nom.
Trad. de Deulle.
La curiosité la plus intéressante deVulcano est la grotte qui se trouve àun mille du port di Levante. On y par-vient par un étroit passage dont l’accèsest rendu assez difficile par une grandequantité de vapeurs volcaniques, d’au-tant plus incommodes, qu’on est obligéde se baisser : aussi ne peut-on pasparvenir au fond d’une baleine, etbientôt on est forcé de revenir sur sespas pour respirer l’air extérieur. Aufond de la grotte dont les parois sontrecouvertes de muriale , d’ammoniacet de sulfate d’alumine, est un petitlac d’eau chaude dans un état d’ébulli-tion continue, quoique la températurene s’élève pas à plus de y5 degrés. Lesbulles de gaz carbonique qui s’échap-pent du fond sont regardées avec rai-son comme la cause de ce phénomène,qui est accompagné d’un bruit confus ,produit par la ruption des bulles àleur arrivée sur l’eau : on la dit efiicacedans plusieurs maladies.
Vulcano a deux cratères principaux ;l’un, peu digne d’observation, se trouvedans la région moyenne de l’île ; l’autreoccupe le point le plus élevé : aprèscelui de l’Etna , c’est le plus vastequ’on puisse voir. Sa forme ovale atrois cent cinquante toises dans sonplus grand diamètre. Des fumées s’é-lèvent du fond de distance en distance,sans pourtant empêcher qu’on ne puissey descendre par une pente douce pro-duite par l’éboulement d’une porLiondes orles. Arrivé au fond, on trouvele sol d’une chaleur si forte, qu’on a