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[Tome second.]
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VOYAGE PITTORESQUE AUTOUR DU MONDE.

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minutes, et à la fin du temps il marquait encorele même degré. La vapeur qui partait de cet en-droitétait par conséquent très-chaude. Les natu-rels, qui saperçurent que nous creusions dans lasolfatare, nous prièrent de cesser en nous disantque le terrain prendrait feu, et quil ressembleraitau feu quils nomment Assoor. Ils paraissaientbeaucoup appréhender quelque malheur, et ilsétaient très-mal à leur aise dès que nous faisionsla moindre tentative pour remuer la terre sul-fureuse. En montant jjlus haut, nous trouvâmesdautres endroits fumans et de la même natureque celui quon a décrit. Les messagers, que cesbons Indiens avaient expédiés, revinrent alorsavec des cannes à sucre et des noix de coco, etnous régalèrent comme le matin de la veille.Après ce rafraîchissement, nous montâmes en-core plus haut vers une autre colline que nousaperçûmes, et d nous espérions voir le vol-can déplus près. Mais, à lapproche de quelquesplantations, les naturels sortirent et nous indi-quèrent un sentier qui, à ce quils prétendaient,menait directement au volcan ou à lAssoor.Nous le suivîmes lespace de plusieurs milles, àtravers différens détours couronnés de bois quinous cachaient le pays de toutes parts. Enfinnous atteignîmes la côte de la mer, d nousétions pai'tis, et nous reconnûmes, ou du moinsnous jugeâmes, que les naturels avaient eu la-dresse de nous écarter ainsi de leurs habita-tions. »

Dans une autre excursion sur lile, Forsterchercha à pénétrer dans une des cases mysté-rieuses d partaient les chants solennels.Econduit et repoussé de nouveau, il utilisa dumoins sa tentative en recueillant des observa-tions sur les mœurs des indigènes.

« Nos Indiens, dit-il, nous conduisirent parun nouveau sentier à travers des plantations fer-tiles et en bon ordre ; les petits garçons cou-raient devant nous, en nous donnant différentespreuves de leur habileté dans les exercices mi-litaires. Ils jetaient une pierre avec adresse, etils faisaient usage dun gramen ou roseau vert,en place de dard. Leur dard ne manquait jamaisle but, et ils imprimaient tant de force au ro-seau, que le moindre souffle dair pouvait dé-tourner de sa route, quil rentrait de plus dunpouce dans le bois ; ils le balançaient entre lajointure inférieure du pouce et de la main, sansle toucher des doigts- Les petits enfans de cinqou six ans saccoutumaient déjà à cet exercice,et ils se préparaient à manier un jour les armesavec succès. Différens détours nous recondui-sirent aux habitations les femmes apprê-

taient leur dîner. Elles grillaient des racinesdigname sur un feu allumé au pied dun arbre.Notre approche les fit tressaillir et les miten fuite; mais nos conducteurs les tranquil-lisèrent, et elles continuèrent leur opération.Nous nous' mîmes au pied dun arbre devantune des maisons, et nous essayâmes de causeravec ces Indiens, tandis que quelques-uns dentreeux étaient allés nous chercher des rafraîchisse-mens. Je notai un grand nombre de mots deleur langue, et nous eûmes le plaisir de satis-faire leur curiosité relativement à nos habits, ànos armes, etc., sur lesquels ils navaient pasencore osé nous faire une seule question. Lesliabitans des plantations voisines, apprenantnotre arrivée, se rassemblèrent en foule autourde nous, et parurent fort charmés de ce quenous causions amicalement et familièrement aveceux. Je fredonnai par hasard une chanson : ilsme prièrent instamment de chanter; et quoiqueaucun de nous ne fût habile musicien, noussatisfîmes leur curiosité et nous leur chantâmesdifférens airs. Les chansons allemandes et an-glaises, surtout les plus gaies, leur plaisaientinfiniment; mais les tons suédois du docteurSparmann obtinrent des bravos universels.Quand nous eûmes fini, nous les priâmes devouloir bien nous donner à leur tour une occa-sion dadmirer leur talent, et lun deux com-mença à linstant un air très-simple, mais har-monieux ; nous nen avions jamais entenduun aussi bon chez les différentes nations desmers du Sud. Il embrassait une plus grandequantité de notes que ceux de Taïti , ou mêmede Tonga-Tabou, et il avait un ton sérieux quile distinguait avantageusement de la musiqueplus douce et plus efféminée de ces îles. Lesmots paraissaient disposés en mètre et coulaientde la bouche avec aisance. Dès que le premiereut fini sa chanson, un autre en entonna une se-conde : la composition en était différente , maistoujours dans ce style sérieux qui indique le ca-ractère général de ce peuple. En effet, on lesvoyait rarement rire de bon cœur ou badinercomme les nations plus policées des îles des Amiset de la Société, qui savent déjà mettre ungrand prix à ces petites jouissances. Les natu-rels nous montrèrent aussi, en cette occasion,un instrument musical composé de huit ro-seaux, comme le syrinx de Tonga-Tabou, aveccette différence que la grosseur des roseauxdécroissait en proportion régulière et quil com-prenait une octave , quoique les roseaux nefussent pas complètement daccord.

n Laprès-dînée, je redescendis à terre avec