OCEANIE. —■ N1TENDI.
perrey, en 1827 par Dillon. C’est un piton co-nique d’une grande hauteur, et couronné parun cratère en activité. Du temps de Mindana, ilvomissait constamment des flammes; Carteretn’y vit que des fumées; les compagnons de d’En-trecasteaux n’y aperçurent aucun indice de feusouterrain ; Dillon le vit vomir des flammes decinq minutes en cinq minutes. H raconte, enoutre, qu’en vue de cette île, l’année précédente,et saisi par des calmes, il vit le volcan jeter unegrande quantité de lave, qui roulait en torrentsur les flancs de la montagne. Cette île peut avoircinq ou six milles de circuit; elle gît par 10° 24’lat. S. et 163° 25’ long. E. (Sommet.)
I. Mindana., situées à quatre ou cinq lieuesà l’E. N. E. de ïinakoro. Découvertes en 1595par Mindana, ces îles sont identiques sans douteavec celles que Carteret nomma, en 1767,Swallow. Wilson les revit en 1797 , et M. LeGoaranl les reconnut en 1828. C’est un groupede neuf îles, basses, boisées et inhabitées, la plu-part petites, mais liées par de vastes récifs. Cegroupe paraît avoir près de trente milles del’O. N. O. à l’E. S. E. Le centre se trouve en-viron par 10° 15’ lat. S. et 163° 36’ long. E.
Dans l’est dégroupe et à peu de distance setrouvent les îles Duff, découvertes par le capi-taine Wilson en 1797. C’est un groupe d’unedizaine d’îles, dont la plus haute et la plusgrande, qu’il nomma I. Disappointment , adouze lieues de tour. Sur la partie orientale dugroupe est un rocher qui affecte la forme d’unobélisque. Wilson trouva les naturels de ces îlesgrands , bien faits, cuivrés , appartenant, à nepas s’y méprendre, à la race polynésienne .Leurs habitations étaient rapprochées les unesdes autres en petits villages, et l’un de ceux-cigisait dans la partie S. O. de l’île Disappoint-ment. Le groupe entier a quinze milles du N. O.au S. E. Disappointment gît par 9° 57’ lat. S.eL 164° 40’ long. E.
Enfin, à peu de distance dans le N. E. ouE. N. E. des îles Duff, doit se trouver Taumako,découverte par Quiros le 7 avril 1606, à moinsqu’elle ne soit identique avec les îles Duff elles-mêmes , ce que feraient soupçonner certainsrapports de position et de configuration. Il estplus sur, toutefois, de rapporter Taumako à uneîle’ Motou-Iti, découverte en 1801 par le capi-taine Kennedy du Nautilus, et que celui-ci si-gnale comme une île bien peuplée et d’une cer-taine hauteur. Elle a été placée par 8° 40’ lat. S.et 165° 40’ long. E. En 1828, d’Urville l’acherchée dans cette position sans la retrouver ;aussi soupçonne-t-ii qu’on l’a placée trop loin
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dans l’E. Jusqu’ici, nous n’avons donc que lerécit de Quiros pour nous guider sur l’existencede celte île. Il est utile de le consigner ici commepoint de comparaison, en cas qu’on la retrouve.
« Nous courûmes jusqu’au 7 avril 1606, lais-sant des terres à bord et à tribord, autant quenous pûmes en juger par la quantité d’oiseaux etde rochers de pierre-ponce que nous aperce-vions. L’après-midi, le grand navire vit à l’O.N. O. une terre noire et brûlée comme un vol-can. On mit en panne durant la nuit, de craintedes basses. En s’avançant le lendemain maliiivers la terre, on trouva douze ou quinze brassesde fond pendant deux heures de bonne route ,puis une mer sans fond. Il fallut encore différerau lendemain 9. Torrès s’avança dans le petitvaisseau, longeant la bande du S. O. dans uncanal entre deux petites îles, où il aperçut, nonloin du rivage , diverses cabanes parmi, les ar-bres. On mouilla sur vingt-cinq brasses entre lagrande île et les deux îlots : les barques allèrentà terre, d’où elles rapportèrent aux navires quel-que eau douce, des patates, des cocos, des pal-mettes, des cannes douces et autres racines,pour montrer des productions du pays. On pritlà-dessus le parti d’envoyer cinquante ousoixante hommes traiter avec les insulaires. Lesnôtres, peu après leur départ, découvrirent, aumilieu d’un îlot entouré de chaussées, un mon-ticule de pierres vives, qui paraissait fait à maind’hommes , au-dessus duquel il y avait unesoixantaine de cabanes couvertes de palmiers etgarnies de nattes au-dedans. Nous apprîmes de-puis que c’était une forteresse où les insulairesse retirent quand ils sont attaqués par leurs voi-sins, qu’ils attaquent souvent eux-mêmes, ayantde grandes et bonnes pirogues, avec lesquellesils font canal en toute sûreté. Nos gens prirentterre et commençaient à marcher vers ce lieu,lorsqu’ils aperçurent près de la côte quelques-unes de ces pirogues pleines d’indiens. Ils ap-prêtèrent aussitôt leurs armes à feu et se mirentsur la défensive ; mais ce n’était pas le cas. Lesinsulaires avaient autant d’envie que nous d’a-voir la paix. Ils se mirent dans l’eau jusqu’à laceinture pour gagner plus promptement la terre,et vinrent de notre côté en nous saluant d’un airjoyeux, et marchant vers l’habitation, commepour nous y guider, ayant à leur tête un capi-taine qui portait un arc au lieu d’un bâlon. Lavue de tant de gens robustes continuait cepen-dant à nous tenir en crainte. Nous nous rappro-châmes du rivage, de peur surtout qu’ils nevinssent à submerger notre canot si nous nousen éloignions.