DES INSECTES.
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sectes se développent dans les galles ou productions mons-trueuses de quelques végétaux : leur corps est mou, et à peinepeut-il produire le plus petit mouvement. Chez d’autres,comme dans les larves d’œstres, l’animal est arrondi, à ar-ticulations verticillées, garnies d’épines, toutes dirigées dansle même sens et qui servent à sa progression : celles des sjr-phes se meuvent aussi à la manière des lombrics. Dans lesstratyomes le corps de la larve est aplati, alongé, à arti-culations coriaces. Enfin, dans la larve de la mouche dufromage , à l’étude de laquelle l’immortel Swammerdam aconsacré ses veilles et dont il a fait connoître l’organisation,sous le nom à'acarus, dans la 43. e planche de sa Bible , lemouvement s’opère par un mécanisme bien singulier lecorps se contourne en anneau; l’animal saisit sa queueavec les deux crochets dont sa tête est munie ; il paroîtqu’alors il se contracte avec violence et que, les crochetslâchant prise tout à coup, le corps se débande comme unressort et rejaillit quelquefois à près d’un demi-pied dedistance. Enfin il n’est presque pas de famille qui n’offre desparticularités très-remarquables dans les larves : celles descousins, par exemple, que nous avons fait représenter degrandeur naturelle et grossies, sous le n.° ia,b,de la planche46 , portent de véritables branchies, et celles de l’œstre,figurées sous la lettre A de la planche 5i, respirent par deuxstigmates.
Quant aux nymphes des diptères, elles varient, comme onle conçoit, autant que leurs larves, pour les formes et leséjour. En général, elles ne quittent pas la dernière peau souslaquelle elles subissent leur métamorphose, qui est complète,et dans laquelle elles restent absolument immobiles. Il en estqui se filent une sorte de cocon, comme celles des grandes li-pules terrestres; d’autres, comme celles des échinomyes , desmouches de la viande , quittent leur peau de larves, et pren-nent une forme de sphéroïde alongée, semblable à la graine