DE PISE. LIV. vin:
,, d’ajustcr à chaque Corps une tête qui lui soit propre, 5 c de don-„ ner aux Membres un Chef, tel qu’ils le demandent i A un Peuple,, dur & cruel, il lui donne un Chef dur, & cruel; A un Peuple„ doux 6c craignant Dieu, il lui donne des Conducteurs doux 6c crai-„ gnants Dieu ; A un Peuple déchiré, frappé d’étourdissement,, ( vertiginoso ) il lui donne une tête divisée, & déchirée j A un„ Peuple bien uni & uniforme, il lui donne une tête unie lans dif-„ formité, Lc par tout semblable àelle-même. On verra dans Y Histoi-re du Concile de Confiance les Ouvrages que Jean Rus composa danscette Ville juíqu’à fa mort.
XVI. On ne pouvoitpas reprocher à Henri F .,Roi d’Angleterre,la même négligence dont on accusoit Wencestas , Roi de Boheme, à ar-rêter les progrès de ce qu’on appelloit les Nouvelles Dottrines. Lejeune Monarque Anglois suivit sort bien à cet égard les traces deHenri IF. son Pere 6c Ion Prédécesseur qui, comme on l’a vû (a), avoit,quelques années auparavant, signalé son zèle contre les Wicléfites con-nus alors sous le nom de Lollards. Les Historiens sont fort maigres, &même ne sont pas d’accord entre eux,fur l’Origine de ce dernier mot.J’ai appris d’un savant Anglois (b) qu’on croyoit communément queles Wicléfites avoient été appeliez Lollards d’un certain NicolasLollard, Barbe , ou Ministre Vaudois, qui s’étant réfugié en An-gleterre y répandit íâ Doctrine, Sc qu’il y a eu deux ou trois BarbesVaudois qui ont porté le nom de Lollard. Quoi qu’il en soit, l’Edicde Henri JF. contre les Lollards portoit,que par tout où l’on en ren-contreroit ils feroient arrêtez, Lc mis entre les mains de l’Evêque duDiocèse. Que s’ils persistoient dans leur Doctrine, les Prêtres feroientdégradez, & livrez au Bras Séculier. C’est ce qui fut exécuté à I’égardd’un Prêtre Lollard , qui apparemment est Guillaume Ithorp , dont lesupplice est raconté dans l’Histoire des Martyrs (c).
II l'eroit assez difficile de lavoir au vrai les [fentimens des Lollards,íî on n’avoit pas les Jetés d'Angleterre recueillis par M. Rymer , parcequ’on peut soupçonner de partialité les Historiens des deux Partis quien ont parlé,'6c que d’ailleurs tous les papiers qui concernoient lesLollards ont péri dans un embrasement où fut consumée la Tour ap-pellée des Lollards près de l’Eglife de St. Paul à Londres (i). CesAbles d'Angleterre contiennent une Proclamation de Henri F. contreles Lollards, le Procès d 'Oldcastel connu sous le nom de Lord Cob-ham-i Lc un Edit d’amnistie en faveur des Lollards. L’Edit est dattedu 21. d’Août. 1413. II porte en substance, 1. Qu’aucun Chape-lain ( Capellanì) de quelque grade, état, & condition qu’il soit n’aità tenir, dogmatiser, prêcher, défendre la Doctrine des Lollards.2. Qu’aucun des Sujets du Royaume n’adhere Lc ne prête conseilou secours, aux dits Prêtres Lollards, fous peine d’cmprisonnement,
Lc
(1) C’est encore ge que j’ai appris de Mr. le Docteur de Villa,
T o m. II. O 0
Ï4U1
Troubles &tReligion enAngleterre,
(a) Livre’VI. p. 171.
(b) Monsieurle DocteurVilla.
(c) Lir. II,p. 43-48.