Buch 
La peinture alpestre / par William Reymond
Entstehung
Seite
17
JPEG-Download
 

17

Chose curieuse! le talent des artistes a suivi précisément lesm émcs phases, et sest élevé comme par un point dorgue sublimed fi la plaine à la montagne et de la montagne aux cimes en passantde de la Rive à Diday, et de Diday à Calame. Seulement R. Topf-tor n'a fait que prévoir la continuation de la parabole. Il a laissé laPeinture alpestre à son point culminant et ne la pas vue, commen eus, non-seulement redescendre dans la plaine, mais encore sé-garer hors du sol helvétique et renier son origine.

De la Rive, après une longue fréquentation des Flamands et sur-tout de Rerghem, se mit à étudier assidûment daprès nature. Re-tiré à Crissier , près de Lausanne , il trouva dans la luxuriante vé-gétation de cette contrée dadmirables modèles. Et cependant,-c °ntent lui-même du résultat, trouvant que ses tableaux manquaientdair, de vie et de chaleur, il eut, dit M. Rigaud (t), lidée dallerr échauffer son génie sous le beau ciel dItalie . Il en revint avec ungrand style historique très-recommandable, mais tout empreint di-rritation et inapplicable à la sauvage beauté du paysage alpestre.Ses tableaux se ressentirent du mélange des deux natures, et cedéfaut devint malheureusement lhéritage de plusieurs des peintresde lécole. Cette espèce déclectisme amena peu à. peu laflectationet surtout ce manque dharmonie quon a si souvent reproché auxOuvres roses et vertes des paysagistes genevois. Cependant de la^ive eut, en 1802, une grande inspiration : il exécuta le portrait (2)du Mont-Elanc vu de Sallanches . Ce tableau, grand précisément parSa simplicité, fut une révélation pour les peintres suisses. Leffetuiposant de cette masse blanche se détachant sur le bleu sombredu ciel, rompait toutes les conventions et déconcertait tous les prin-ces admis.

(1) Recueil de renseignements relatifs à la culture des beaux-artsu Genève , par J.-J. Rigaïul, ancien syndic, président de la Classe deskeaux-Arts. Quatre brochures : 1815, 1846, 1848, 1849.

(2) Même ouvrage.

û