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La peinture alpestre / par William Reymond
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et de la figure, et qu'enfin, riche de matériaux, d'observations, desujets, il sessaie à peindre, se fait sa manière, et produit ce grandnombre de compositions qui toutes portent le sceau dun esprit ori-ginal, fin, gai, inventif, ami de la grâce, amant du pittoresque, etqui, dans le spectacle journalier des marchés, des foires, des hôtel-leries, dans le commerce aimé des attelages, des curés, des noceset des marchands forains, sest profondément imprégné de tout cequi attache, de tout ce qui plaît, de tout ce qui fait penser ou sou-rire, dans le paysage comme dans le manant de lhumble Savoie . #

A cette première école se rattachent encore plusieurs peintres re-commandables à divers titres. J.-D. Huber, le fils du caricaturiste,sattacha particulièrement à reproduire les belles campagnes du can­ ton de Vaud et les hautes vallées de lOberland . Parfois la hardiessede sa touche fait pressentir Diday. Nous ne pouvons oublier de men-tionner ici Agasse, le célèbre peintre danimaux qui passa, il estvrai, presque toute sa vie en Angleterre. Horace Vernet disait delui : « Agasse se trompe quelquefois sur la couleur, mais il dessineles animaux comme personne ne la fait avant lui. » Firmin Massot ,gracieux portraitiste, et quon a surnommé lAlbane genevois, mar-que la transition entre lancienne école et la nouvelle.

Le paysage alpestre, une fois découvert, devint une mine fécondedinspirations pour les artistes suisses . A Neuchâtel comme à Genève ,lart sortit de la fabrique et du peuple par un mouvement spontanéet sans protection. Léopold Robert , les Girardet, Grosclaude, Meu-ron et dautres sy adonnèrent avec succès. Il existe de Meuron ungrand paysage des hautes cimes (1) qui a précédé les tentatives deDiday et qui, lors de son apparition, a excité un véritable enthousias-me. Maintenant on le juge plus froidement, sans doute; ce nen estpas moins une toile dun effet grandiose et inattendu, et qui dut ou-

(1) Au Musée de Neuchâtel.