IMPRIMERIE.
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■quelle ne se décomposent pas les huiles légères qui ontle plus de valeur. C’est assez dire qu’il faut appliquer iciles procédés dont nous avons parlé à l’article distilla-tion : c’est ce qui a été fait sur une grande échelle, etles plus importantes fabriques d’huile de schiste em-ploient aujourd’hui la vapeur d’eau surchauffée dontM. Trescaa indiqué clairement la nécessité.
11 est curieux de voir les produits condensables de ladistillatiou devenir assez importants dans une industriequi rappelle tout à fait la fabrication de l’éclairage augaz, pour qu’elle puisse se soutenir en perdant le gazdégagé. Ce ne peut être évidemment qu’en évitant avecsoin la décomposition des produits qui peuvent subsisteràl’étatliquide. C’eSt un problème qui a été encore résolud’une manière avantageuse dans la pratique, en em-
ployant le chauffage à température assez élevée et fixe,à l’aide du bain de plomb, système déjà décrit, et quipermet de distiller le riche boghead d’Écosse , pourtirer surtout partie des produits liquides.
Les progrès de ces intéressantes industries ne sontqu’affaire de science et d’amélioration de procédés tantde combustion que d’extraction des produits, à la con-dition que leurs progrès combinés avec ceux de l’ex-ploitation des mines de schiste et surtout de houille,les plus riches en hydrocarbures, dépassent le progrèssi rapide de la consommation de cette précieuse sub-stance ; la récolte journalière qu’on peut en faire dansles mines doit conduire à des produits nécessairementbien moins coûteux que ceux que donne la récolte an-nuelle des plantes oléagineuses.
I
IMPRIMERIE (composition mécanique}. Nous tnvons cherché à apprécier les efforts teütés pour obte-nir ou plutôt pour aider la composition par procédésmécaniques, car une opération qui exige la lecture d’untexte exige nécessairement l'intervention de l’intelli-gence humaine. Nous avons vu que quelque succès nepouvait être espéré que d’une machine qui produirait ladécomposition et le classement des caractères par pro-cédé entièrement mécanique. La réalisation de ce pro-grès pour les milliers de caractères nécessairementplacés sur une machine à composer, qui paraissaitpresque impossible, a été obtenue par une machinequi, à bien juste titre, a excité l’admiration univer-selle, car l’auteur a résolu, autant et aussi bienqu’il est possible, le problème de la composition mé-canique. Cet inventeur est un Danois, M. Sôreuscn,qui, d’abord compositeur et par suite familiarisé debonne heure avec toutes les difficultés de la pratique,est devenu, excité par le désir de donner un corps à desidées que lui inspirait un véritable génie pour la méca-nique, un admirable mécanicien.
Décrivons 6on ingénieuse machine. Elle comprend ;
1° Une table en forme de piano, renfermant à saportion antérieure un clavier alphabétique, et à soncentre un cône renversé ;
2 n Un double cylindre, s’ajustant sur un cône ouentonnoir; sur ce cylindre sont placés les types quiportent des crans variables qui permettent de les dis-tinguer, et tous, vers le milieu, une rainure à queued’aronde qui permet de les embrocher sur des baguettesde forme convenable. J-e type cessant d’etre entière-ment libre sur la machine, on n’a plus l’inconvénientcapital des autres machines, le grand nombre d’ac-cidents qui arrivent nécessairement dans une multi-tude de types en mouvement.
Revenons au cylindre qui, formant, à proprementparler, le fond même, l’essence de l'invention Sorenscn,nécessite une description détaillée.
Il est formé de deux parties superposées : l’une, fixe,(une fois qu’elle est ajustée sur l’entonnoir) porte lenom de cylindre compositeur ; l’autre, supérieure à lapremière, et opérant à volonté un mouvement con-centrique de rotation, reçoit le nom de cylindre distri-buteur.
Le cylindre distributeur est un peu moins haut quele cylindre compositeur ; mais les parois de tous les deuxsont composées du même nombre de baguettes verti-cales en cuivre blanc fixées solidement, pour l’un commeC.
L pour l’autre, sur deux plaques circulaires. La massedes types ou caractères destinés à la composition estrangée en piles le long des baguettes en question et ilsy sont retenus par des entailles pratiquées dans lestypes. Ces baguettes, on le voit, remplacent les cassetinsde l’imprimerie ordinaire.
A chaque tour du cylindre distributeur mis en mou-vement par le pied de l’ouvrier agissant sur une pé-dale, les types qui se trouvent aux extrémités des ba-guettes passent, s’il y a lieu, par dos ouvertures pra-tiquées dans lu plaque supérieure du cylindre compo-siteur. La forme de ces ouvertures correspondant exac-tement à celle des types de chaque lettre ou signe d’im-primerie, avec leurs crans et entailles particulièrespour chacun, il y a impossibilité mathématique à eequ’une lettre passe à la place d’une autre.
Le cylindre compositeur est, comme le distributeur,formé de baguettes placées verticalement en cercle,entre deux plaques métalliques et circulaires. Les typessont attachés aux baguettes circulaires de cuivre pardes rainures triangulaires correspondantes aux cochesdes types avec assez de jeu pour qu’ils glissent facile-ment, poussés par le poids de la colonne de types lelong des baguettes sans être exposés à aucune dé-viation.
Le cylindre compositeur chargé des types est, ainsique nous l’avons dit, posé verticalement sur mi enton-noir dont la partie supérieure est munie de petits res-sorts en nombre égal à celui des baguettes. Le ressort,mû par la touche du clavier alphabétique, agissantcomme couteau, pousse transversalement et fait glis-ser le type correspondant, qui tombe dans l’entonnoir,où il est conduit forcément dans la position voulue jus-qu’au tuyau spiral qui est au fond du cône. Do ce tuyauil est poussé par un ressort dans une ligne continue,que reçoit un grand composteur ou règle fixée sous lamachine. Lorsque le grand composteur est rempli, onle remplace par un autre, et ainsi de suite jusqu’à en-tière composition. L’ouvrier n’a plus ensuite qu’à jus-tifier et à mettre en pages.
Un homme intelligent et un aide suffisent pour fairemanœuvrer la machine, distribuer, composer, justifieret mettre en pages.
Les lettres ayant toutes un chemin égal très-courtà parcourir dans l’entonnoir sur un plan presque ver-tical, et y étant appelées tour à tour, il n’y a jamais niencombrement ni enjambement à redouter de leurpart.