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restoic-nt, & leur prière eut aisés d’effet pour rallendr toutes ces fureurs. Ou s ECT< v-ne doit cependant pas trop s en rapporter aux écrits des auteurs Guelfes à Histoire del’égard de ce Prince. II y a même tout lieu de présumer que la cruauté de Bologneleur faction donna lieu à celle des Gibelins; car nous apprenons dans l’hiltoire .que la moindre correspondance, entre quelqu’un des assiégés avec Ic-s impé-riaux, étoit punie de mort & que tous ceux des Gibelins, qui avoient eu le jours.malheur de s introduire dans la ville, pour y voir leur famille ou leurs amis, — 1
étoient aussitôt égorgés. L’enthousiafme des assiégés étoit íì grand, qu’ils feglorifioicnt de la mort de ceux de leur parti, qui tomboic-nt entre les mainsde l’Empereur, comme de celle d’autant de martyrs. Les Bolonais ne man-quèrent pas de profiter de leur avantage; car, quoique la saison fut bienavancée, ils rentrerent en campagne avec les Ferrarois & les Mantouans, &après avoir forcé un poste des impériaux fur le Po à Brixello, ils marchèrentà Colorne d’où ils jeterent un renfort de troupes & une grande quantité deprovilions dans Parme qui étoit alors désolée par la famine. Bientôt après,Montelongo fe fit passage à travers les Impériaux & entra dans la ville où il re-leva le courage des habitans en les assurant d’un prompt íècours, à l'entrée dePhivc-r, les Impériaux donnèrent un terrible astàut h la ville, mais ils furentrepoussés par Boniface. Entius ne réussit pas mieux dans une entreprise furColorne gardée par les Bolonois. Peu de jours après, les assiégés trouvèrentmoyen de diriger le cours de leur riviere contre le camp des Impériaux qui lu-rent obligés de changer de lieu & à la fin d’abandonner le liège la même an-née. Au mois de Décembre les Bolonois assiégèrent Sabiniano pour y intro-duire les Guelfes de Modene qui avoient été chassés de cette ville.
En 1248, Boniface de Carie», Plaisantin, étoit Podestat de Bologne. Fré- Mais il cjídéric ne penfoit plus alors à prendre Parme & il a vol t mis son quartier gé- levé ennéral à Victoria, ville qu '11 avoit fait lui-même bâtir, & d’où il faifoit quel- "48.quelois des courses. Montelongo commandent alors à Parme. Un jour, tan-dis que Frédéric pour le rétablissement de fa santé, prenoit le divertifiè-ment de la chaste des oiseaux de proye, Montelongo surprit Victoria, pallàla garnison au fil de l’épée & fit un riche butin, dans lequel fe trouvèrentla couronne impériale, la caillé militaire, toute la vaisselle d’argent & la gar-de robe de Frédéric avec l’étendard des Crémonois ; & ensuite ils mirent lefeu à la place. Frédéric alors abandonnant l'on divertisièment avoit asièm-blé quelques troupes & avoit tenté de reprendre la ville, mais il fut re-poussé avec perte de presque tous les gens & obligé de fuir à Crémone.
Cette victoire, par laquelle les Guelfes firent trois mille de leurs ennemisprisonniers, & délivrèrent tous leurs partisans des chaînes des Gibelins, in-spira un nouveau courage au Pape, qui s'étoit donné des grands mouvemenspour appuyer son parti. II avoit lait Cardinal Ocstavian Ubaldini, alors Eve- L'Eréqutque de Bologne; il renvoya à Bologne pour solliciter les habitans à continuc-r ds iJohgnela guerre & h concerter de nouvelles opérations militaires pour Tannée fui- s a:t Cardi-vante. Après une mure délibération, il fut convenu que les Bolonois en - ta ^treprendroic-nt d’abord de réduire toutes les villes & châteaux du territoire deModene & qu’enfuite, ils marcheraient pour recouvrer tout ce que Frédéricavoit enlevé à fa Sainteté dans la Romagne. Ce qui leur inspira prìncipale-
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