Buch 
36 (1773) La suite de l'histoire de la république de Gêne, l'histoire de l'isle de Corse, de Bologne, de Parme et de Plaisance, et l'histoire du duché de Milan
Seite
482
JPEG-Download
 

M HISTOIRE DU DUC II K

Siîct. V. trop bien imité par les dames de fa compagnie. Enfin elles gardèrent si peu dsHistoire de ménagement & de retenue dans leurs amours, que leur conduite déréglée par-Milan sous v ; nt juíquà Luchin qui fut instruit de tout. Par la maniéré froide Ck Pair féve-itsl iscorJi . re âont Fufca fut reçue h son retour, il lui fut aisé de sapperccvoir que fortmari fe préparoit h tirer vengeance de fes déportemens. Cest pourquoi elleprit la résolution de leprévenir, & lui donna un poison lent qui lui ôta le peude forces qui lui festoient, & qui le conduisit au tombeau. II fut aisé dimputerfa mort à la goutte,& aux autres infirmités dont il étoit travaillé. II mourut àlâge de 62 ans dont il en avoir passé neuf dans le Gouvernement. On lui fitdes funérailles magnifiques; & son corps fut enterré dans Péglife de St. Godardprès de son neveu Azzon.

134S. Malgré la sévérité de son gouvernement, il fut sincèrement regretté & parEtogc de les nobles & par le peuple. II avoir une judiciaire excellente, & dissipa tou-Luchin. jours les factions élevées contre lui avec les plus heureux succès. II prenoit àcœur de soutenir le foible contre le fort, le pauvre contre le riche, & lorphe-lin contre le tuteur. Son esprit de prévoyance faifoit abonder la Capitale cntoutes fortes de provisions; & par la maxime il étoit quil falloir toujoursétablir le théâtre de la guerre dans les terres de Pennemi, il empêcha son paysdêtre désolé & le mit à Pabri des incursions & de Pavidité du soldat. II ajoutaau gouvernement de Milan la principauté de Parme quil acheta dObizi, lequellavoit extorquée ou arrachée de force pour soixante mille écus des Gonzigucde Mantoue & des Scaligcr de Vérone. Luchin força les Pifans de lui pa\\run tribut honoraire consistant en deux chevaux, dont Pun dévoie être un chev. Ide bataille, & lautre un paléfroi ou cheval de parade pour une Dame, avecdeux faucons. Dans le tems quil mourut, il fe préparoit à une expédition con-tre Gênes, & avoit déja mis fur pied une nombreuse armée. On a remarquéque dans fa vie privée il fut toujours fort modeste & fort réservé, & qu'il nelaissa dautre monument de magnificence quun palais quil fit bâtir à Pavie. Lors-quil eut succédé à son neveu, il fe contenta dhabite r le même palais fans son?ger h en faire bâtir un nouveau. Cependant il construisit une forte citadelle ùPergame dans un endroit élevé & il y avoit une chapelle auparavant. Sapassion étoit de demeurer à la campagne; & il choisit pour le lieu ordinaire dela résidence un endroit distant de Corne denviron deux lieues, & qui navoitdautre avantage que celui de la salubrité de Pair. Brudo, Pun de fes fils natu-rels étoit son favori; & cétoit celui quil avoit désigné pour commander Pal-mée destinée contre Gênes.

_ , , Avant que de quitter la vie de ce Prince,il est à propos dapprendre au lec-

ir'ede Lu- teurque Fufca fa femme, si galante & si débauchée, fut tellement rongée de

chin fait remords quelle ne soccupa plus quà faire pénitence de son crime en fe livrantpénitence de aux austérités & aux mortifications de la vie religieuse. Elle avoua publique-Jes crimes, fes amours incestueux avec son neveu ; & il résulte de cette confession

que Bortio finit fes jours en prison ; que Forestini mourut en exil ; & que Mo-rello son troisième frere alla chercher du service chez les ennemis de son pays*Quant à Bruno, celui que Luchin avoit aimé-plus que tous les autres, il sem-para du Gouvernement de Lodi. Mais il sérigea en tyran si exécrable queles habitans dans une révolte le chasseront de leur ville. II mourut près dunvillage obscur dans lexil & la pauvreté , sin trop heureuse encore poul-ain tyran.