286 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Si'ction étant devenu par la mort de son frère, Prince d’Orange, envoya pou fxn faire hommage au Roi de cette Principauté; mais sous prétexte que leSuiti du R 0 j avo j c recouvré de nouveaux titres, cet hommage ne fut point reçu,Louis xill pareequ’on exigea une Formule différente de celle dont on usoit auparavantjujqu’à /» {a). II arriva aussi un Chaoux de Constantinople pour renouvelles les anciensmort. Traités, & pour faire quelques excuses, du mauvais traitement qu’on avoit———fait à la Porte à f Ambassadeur de France. Vers la fin de Tannée,pour récompenser les services du P. Arnoux , le Roi accorda de íàfeule autorité aux Jésuites la liberté d’ouvrir leurs Ecoles pour Tinstruc-tìon de la jeunesse (b).
Evasion Le Duc d’Epernon , aiant demandé permission au Roi d’aller dansde la Reîm-son Gouvernement de Xaintonge, fans pouvoir Tobtenir, ce SeigneurMere, | a résolution au commencement de Tannée 1619 de partir, malgré les
í. ordres réitérés du Roi de rester à Metz. II prit de fort grandes précau-
duit pendant quinze jours il nc paroitre Ion équipage, fartant tantôt
goulime. par une porte, tantôt par une autre ; en même tems, pour faire croire1619. qu’il ne pensoit plus à son départ, il fit prendre les devans à l’Archevêquede Toulouse son fils. Enfin, il laissa le Marquis de la Valette son autrefils pour commander dans Metz, avec ordre de tenir les portes de la villefermées pendant trois jours, & de faire patrouiller par tout, & il partit àla tête de cent chevaux (c). En passant par Dijon , il chargea un Offi-cier de mander de fa part au Duc deBellegarde que la faim T avoit chassé deMetz ; il pria cet Officier de ne point envoyer fa Lettre par un Courierexprès. L’Officier le lui promit, mais il ne tint pas parole à T égard duCourier, car il en envoya un, & ce fut par là que la Cour apprit que le Ducd’Epernon étoit parti de Metz. Comme il étoit inutile de le poursuivre,de Luynes lui écrivit une Lettre fort honnête & lui envoya Taveu du Koipour continuer son voyage (d).. D’Epernon le fit heureusement, maisfut fort surpris de n’avoir aucunes nouvelles de la Reine- Mere, un acci-dent assez extraordinaire en étoit la cause. Rucceilaï avoit un Page,nommé de Lorme, dont il s’étoit déja servi, il Tenvoya avec des dépê-ches , qui contenoient le projet du Duc, en lui recommandant un grandsecret. Ce Page s’imagina quen^,portant le paquet à M. de Luynes,il en tireroit une grosse récompensé. Au lieu d’aller à Blois, il se ren-dit à Paris, & fe présenta trois jours de fuite à la porte de Luynesfans pouvoir lui parler. Un Conseiller au Parlement, qui avoit le secretde la Reine-Mere, aiant appris par hazard que de Lorme étoit à Pa-ris, se douta de la trahison. II lui fit demander hardiment son paquetau nom de M. de Luynes & donner en méme tems cinq-cens écus ; mais peuaprès on le mit hors d’état de rien révéler (§). Ce fut - là ce qui em-pêcha la Reine-Mere d’être informée de Tarrivée du Duc, jusques àce qu’un de ses domestiques l’en vint avertir. Elle prit aussitôt la ré-solution de se sauver de Blois, ce quelle fit la nuit de 21 au 22 de
(a) Daniel Journ. Hist. de Louis XIII. (d) Abrégé Cbron. fous I’an 1L19.
(b, Mercure François. (e) Hist. d’Epernon 1 . c.
(c) Hist- d’Epernon T. II.