DES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. VI. 5I?
s ’acquitta de sa Commission avec succès. II suivit la Cour pendant plusieurs Sectioh 'hiois, gagna la confiance de l’Empereur, reçut quantité de beaux présens il.à obtint enfin, ce qui étóit le but de son Ambassade, plusieurs Privilèges s,eConsidérables pour la Compagnie Angloise. Le Journal du Chevalier Poe ests empli de choses également curieuses & utiles, & ce fut par la Relation qu’il pMrLis!donna de l’Empire du Mogol (*), que la Compagnie des Indes Orientales —■—-cut toutes les lumières nécessaires fur la nature du Commerce (a).
La Compagnie commençoit à étendre fa puissance & la Souveraineté de àSM- -ta Grande-Bretagne fur différentes parties des Indes. En Tannée 1616 ell q mens de laa voit des.EtablHÍèmens & des Comptoirs à Bantam , à Jacatra , à Surate, à Gjm P a S !1 ^-■dmadavat , à Agra , à Azmire , à Brampour , à Calecuî (f), à Masulipatan , P a -Impoli, Patine , Siam, BencarmaJJè, Socodonìa , Macajsar , Achen , Jambe,
■IfWí, Fìran ìo , au Japon, Japare , Banda &c. (/-). Ils avoient acquis parleur adresse Tille de Banda à la Couronne d Angleterre, les habitans s’étantfournis à elle par un Acte en bonne forme, après leur querelle avec les Hol-tandois. Nonobstant quoi ceux-ci persistoient à réduire cette Isle sous leurobéissance, fondant leurs prétentions fur un Acte déplus ancienne date. Les■Anglois acquirent bientôt Lanter par une Capitulation de la même nature.
A-
(a) Purchas 1. c. Hist. Gén. des Voyag. (/;) Collection Harleyan. Voy. T. VIII.a.XlII, p.o^&fuiv. p. 249,
(*) Le Chevalier Thnm Roe passa de la Cour du Mogol à celle de Perse. Shah Ah-lf ‘s, Prince digne de la Couronne, voyant que les Portugais établis á Ormus étoientfort incommodes par les courses perpétuelles de leurs Frégates légeres , entra en négo-ciation avec l’Ambassadeur Anglois. Le Roi ossïit toutes les facilités raisonnables pourb Commerce des Anglois en Perse, pourvu qu’ils voulussent soutenir son armée de terrefar une Flotte, pour chasser les Portugais du Golphe Persiquc. Le Traité fut conclu auxconduions suivantes: que le Shah payeroit les fraix de l’expédition ; que les Anglois au-vent liberté de commerce dans tous les Etats de Perse fans payer aucuns droits, &ssi’ils auroient la moitié des revenus de la Douane fur le Golphe. De son côté P Am-bassadeur s’engagea non seulement de chasser les Portugais d’Ormus, mais que l'on entre-^endroit constamment deux vaisseaux dans le Golphe pour protéger lc Commerce. Env ertu de ce Traité la Compagnie envoya d’abord cinq vaisseaux, montés Pu n portant Pau-tre de quarante pieces. Slnh Abbas fit marcher une Armée de cinquante-miile homme?,ave c ce qui étoit nécessaire pour passer dans Piste d’Ormus. Les Anglois eurent, bien-fot ruiné la Flotte Portugaise, mais le feu du château coula un de leurs vaiiîèaux à fond.ctt bout de deux mois les Portugais furent contraints de capituler, & on ne leur accor-? a que la liberté de partir fans bagage & fans emporter rien de ce qui leur appartenois.
A butin, qui fut également partagé entre les Persans & les Anglois, étoit très-coníidé-î able, & la Tradition porte que la quantité d’argent uionnoyé tut si immense qu’on lefofisuroit à pleines chaloupes. Shah Abbas remplit fidèlement ses engagemens & son suc-'ssìl.’ur aussi jusqu’à Vannée 1680, que !a Compagnie des Indes ne tint pas les fiens, qui étoientc b maintenir le Navigation libre dans le Golphe. Avant cetems-là, les Anglois avoientl! n Petit Etablissement fur la côte, à sept lieues environ de Pembouchure du Golphe , à^ Orient, dans un lieu nommé Ja'ques, mais les Portugais les inquiétoient fans-ceife (1).
(f) Calecut est la Capitale du Samorin, dont le Pays s’étend le long de la Côte de-jfo's Ticorì jusqu’à Chitwa. Les Anglois y avoient autrefois un Comptoir, qui futtranfpor-te Jans la fuite à Tcllichuy.
(1) lUmiltan, Voy. to the East Ind. Vol. I. p. lor.
Rr Z