LIVRE XII , CHAP. LXXIV. 177
Le ministre de France , feignant un vif mécon-tentement , demanda alors ses passe-ports. LeSénat tenta vainement de l’arrêter, en résignantle pouvoir, et chargeant trois de ses membres defaire à la constitution, de concert avec Bonaparte,toutes les réformes nécessitées par le change-ment du système politique de l'Italie . Cette nou-velle concession n’aboutit qu’à obtenir un dé-lai de deux heures , pendant lequel l'arresta-tion des trois patriciens désignés par Faypoult,fut décrétée.
jNicolo Cattaneo , l’un d’eux , s’étant échappéde sou hôtel où il était gardé à vue, fut saisi lelendemain dans le quartier de Portorio , où ils’efforcait de soulever la populace, en répandantde l’or. Celte circonstance qui aurait dû rassurerles démocrates , les alarma au point d’en faireémigrer un grand nombre à Milan et à Nice .Ce fut sous ces sinistres auspices que la dépu-tation chargée de conférer avec Bonaparte , par-tit pour Milan, où Faypoult ne tarda pas à lasuivre.
Cependant, la réorganisation de la garde na-tionale, décrétée , dès le principe de l'insurrec-tion , s’opérant avec trop de lenteur , et les ré-formes promises dans l’administration , étant dif-férées sous divers prétextes , les démocrates per-dirent patience , et forcèrent , le 5 juin, le Sénat à adjoindre cinq nouveaux députés à la junte pro-i 3 . 12