HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Ch. XI. 23
fe mettre en possession du Palais, & des Trésors ûz Nudar. Dans cette vue, Sectionil détacha un Corps de 30000 Hommes, qui n'eurent aucune peine às’em-parer de la Capitale de Sigpjtan , & du Palais Royal; la frayeur, qui avoit Histoiregagné les Perses, étant telle, qu’ils ne fongeoient pas même à faire la moin- de F£r s e \dre résistance. II paroit que Mêhérab, depuis que Zal-zer avoit épousé safille, s’étoit retiré en Perje, où il vivoit dans la splendeur & dans l’abon-dance. Le changement, subit, qui venoit d’arriver, ne le regardant pasmoins que le reste des habitans du Royaume, il tâcha de conjurer forage,en envoyant à Aphérafiab un Messager chargé de riches Préfens, & d’uneLettre , où il difoit à ce Conquérant, „ Que quoiqu’il fît son séjour en,, Perse , il étoit Turc d’origine , & qu’il avoit en quelque sorte l’honneurj, de lui être apparenté, étant descendu de Zoak: qu’ainsi il espéroitquela,, Famille dont il étoit, & son empressement à lui donner des marques de„ son obéissance, lui paroîtroient des raisons suffisantes pour le prendre„ fous fa protection”. Dans le tems même qu’il amusoic le Vainqueur parles témoignages d’une feinte soumission, il employoit son fils Zal-zer à ras-sembler, le plus secrettement qu’il étoit possible , divers petits Corps. IIforma ensuite de tous ces Corps une Armée, à la tête de laquelle il se mitdès qu’il la jugea assez nombreuse pour entreprendre quelque chose contrel’Ennemi commun. La Fortune lui fut favorable, & il eut bientôt la satis-faction de chasser les Turcs de la Province de Sigjijian .
Aphérafiab , ayant appris ce qui venoit d’arriver, en fut tellement irrité,qu’il ordonna qu’on coupât la tête à l’infortuné Nudar dans fa prison , cequi fut exécuté sans le moindre égard pour fa Dignité. Les Auteurs ne fontpas d’accord au sujet de la longueur de son Règne, que les uns prétendentavoir été de sept ans, & les autres de neuf. Mirkhond, que nous suivonsordinairement, adopte le prémier de ces nombres. Quelques EcrivainsOrientaux font ce Prince contemporain de Jofué , d’autres le croient beau-coup plus ancien. Nous ne prononcerons pas fur cette question (a).
Aphérafiab ou Asrasiab , malgré cette rébellion , ou plutôt ce foulé- Aphérî-vement, se regardant comme Monarque de Perse , fit savoir à son Père siab -Pashangh l’heureux succès de son expédition. Mais il eut bientôt d’autresnouvelles à lui envoyer; car les Prr/èr, détestant fa hauteur & son insolen-ce, commencèrent à se révolter en divers endroits du Royaume : leur a*version pour lui les engagea même à une démarche d’un autre genre,quifut de porter ce frère d ’Aphérafiab , qui avoit garanti Nudar des prémierseffets de la colère du Vainqueur, à faire valoir ses droits à la Couronne,promettant de l’aider d’abord ,& ensuite de lui obéir. Ambitieux, commetous ceux de fa famille, il accepta la proposition, & leur conseilla d’enga-ger Zal-zer à envahir au printems les Provinces voisines de , afiu-
*ant que dès que la guerre seroitune fois commencée, il ne manqueroìt pasfie fe déclarer en leur faveur. Ces Négociations ne purent se faire fi secret-, qu' Aphérafiab n’en apprît quelque chose. Pour en prévenir fesse t,îl fit assassiner son frère, & s’appliqua lans relâche à lever une formidable
CO Mirkhond Hist. Sect, VIII. D’Hcrbelot Art. Naudhar.