Section
V.
lìilloìre4e Perse.
A% HISTOIRE DE PERSE.
toire, mérite d’être rapporté. „ Quand au Jour du Jugement nous boi*,, rons tous de cette Eau destinée à nous éprouver,alors tout ce que nous„ aurons dérobé aux yeux des Hommes , paroîtra à la vue de tout l’Uni-,, vers; & l’Hypocrite qui passoit pour un Saint, fera couvert de honte &,, de confusion”. Ce que nous venons de dire suffit pour faire voir qu’ily a beaucoup de rapport entre l’Histoire de Locman & celle d’ Esope , tellequ’elle est rapportée par 1 es Grecs. L’un & sautre étoient de basse extrac-tion; Esclaves, célèbres par leur sagesse , & Faiseurs d’Apologues. Maisil y a quelque différence entre les tems où les Ecrivains Orientaux préten-dent que Locman a vécu, & celui où les Grecs placent Esope. Pour ce quiest de Locman , on convient assez qu’il étoit contemporain de Salomon , au-Jieu qu ’Esope doit avoir vécu du tems de Crœsus Roi de Lydie , & d eSolonLégíflateur Athénien ; plusieurs traits de conformité, relatifs â leurs person-nes & à leurs Ouvrages , donnent lieu de croire que Locman & Esope ontété un seul & même homme. La difficulté est de savoir, si les Grecs l’oncpris des Orientaux , ou les Orientaux des Grecs. Leprémierdecessentimensnous paroit le plus vraisemblable. On fait que les Grecs étoient Voleursde profession, & n’étoient rien moins que scrupuleux à altérer l’ancienneHistoire, pour peu que leur vanité y trouvât son compte. Outre cela, les>Orientaux aimoient à tourner leurs leçons en Apologues, longtems avant queles Grecs eussent la moindre teinture des Belles-Lettres. Après tout, nousne donnons notre idée que pour une conjecture ,qu’on peut rejetter si l’onen trouve quelque autre meilleure. La principale raison, qui a tant faitrespecter Locman dans Y Orient, est que Mahomet parle de lui en termes ho-norables dans YAlcoran, & affirme que Dieu lui a accordé le Don d’unesagesse extraordinaire (a). Ses Fables, qui ne font pas en grand nombre,ont été imprimées à Leyde en Arabe ,avec une Version Latine , desorte queYEurope est suffisamment instruite du contenu de ses Apologues (b). Maispour en revenir à Key-Chosrau, on assure qu’il étoit lui-même, non seule-ment un Prince sage & savant', mais aussi extraordinairement pieux. II futheureux durant tout le cours de son Règne ; & cependant une si longuefuite de prospérités le corrompit si peu, qu’il résigna non seulement la Cou-ronne, & se retira dans les Déserts qui bordent la Province à'Aderbayagjan,mais laissa aussi à tous ses Successeurs la Leçon suivante , qu’il fît graverdans un des Appartemens de son Palais (c). Nous ne devons pas nous former
(a) Koran Sor. Lokman. (c) Mirkhond Hist, Sect. XIV. D’IIerbelot
(b) D’tìerbelot Art. Lokman Not. IL Art. Caichofrau.
* II est juste de rendre raison dans cette Note, pourquoi nous avons inféré la Vie deLocman dans l’Histoire de Perse. Pour ne pas fatiguer nos Lecteurs par un trop long dé-tail, nous n’en indiquerons que deux raisons principales. Prémièrement Locman écrivit euPers ..'.}, de l’aveu de la plupart des Savans, & en particulier de l’Editeur qui a fait impri-mer ses Fables en Hollande ( i). Lu second lieu, ce sont les Auteurs Persans , qui nousapprennent le plus de particularités touchant Locman ; & comme ils parlent toujours de luicomme ayant été contemporain d e Key-Cbofrau, le troisième Roi de l<r seconde Dynastie,il étoit juste que nous fissions mention de lui dans farticle du Règne de ce Prince. Après
(t) Prxfat. Lrj.cn. Locm. Fabul,
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