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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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irî HISTOIRE DES SCYTHES.

Section quoiquil soit plus apparent quil nait point quité le Pays de ses Ancêtres.

IV. Nous trouvons auffi dans ce Pays des monumens de son nom & de celuiHistoire de son Père, savoir une Ville appeliée Acmom, & que les mêmes Auteursm Scythes assurent avoir été fondée par lui; comme auffi un autre Bocage consacré à&^esGt- à honneur, & quelques Plaines spacieuses, appellées Dœmtes d'après' in " nUt ' son frère Dceas {a)*. D il semble quon puisse inférer, quil régna enPhrygie, & que dans la fuite il y fut pareillement adoré; & par conséquentquil feroit absurde de le supposer un personnage plus chimérique, quenontété ses descendans Uranus, Saturne, & le reste des Princes Titans. Queles Celtes soient descendus des Titans, est une chose affirmée expressémentpar un ancien (è) Auteur, qui naìmoit point les Celtes ou Gaulois, & quidit cependant que les kíAto» étoient ovj/iyovei t»t«v«î descendans des Titans.Si lon objecte que les Druides du tems de César se vantoient dêtre des-cendus de Dis ou Pluton (c), nous répondrons'quil fut auffi un Prince Ti-tan, qui possédoit la partie Occidentale de lEmpire, cest-à-dire Y Europe,pendant que Jupiter en gouvernoit la partie Orientale ; desorte que César &Callimaque sont daccord pour lessentiel, Platon étant larrière petit-fils d 'Ac-ttion , le premier Prince considérable de la Race des Gomérites ou Titans.

Ce Prince étoit fils de Mon, Man, ou Maneus;& eestceque son nommême dJcmon, ou plutôt d 'Ackman, semble donner à connoître. NotreAuteur suppose quil a vécu du tems de Tharè, Père à'Abraham. Si bien^uen mettant Maneus à la tête de la liste, nous avons une Succession desix Princes Titans, dont le gouvernement, suivant lui,fut denviron 300îtns (cl). L.es noms de ces Princes font,

Man ou Maneus. Saturne.

Acmon. Jupiter.

Uranus. Theutat.

Nous avons déjà fait mention de Tioippílibilité quil y avoitdajusterU

Chro-

(a) 5 repli. Byzant. sub voce Dœas. (c) Csef. Comment. L. VI. C. 18.

(L) Callimachi Hymn.in Delumver. 179. &c. {/!) Pezron. Chap. XV.

* Sil y a eu de pareils Monumens en deux différentes Provinces de 'C Asie, les uns e*Phrygie , comme les Ecrivains que nous avons cités laffirment positivement, & les autre*ailleurs, car ils ne nomment pas la Cappatloce, il senfuivra seulement que les uns & le*autres étoient fous son Gouvernement, & lon pourra se dispenser de le faire aller & venir,puisque les Colonies quil aVoit envoyées suffifoient pour faire des Conquêtes, & laifler de*Monumens à lhonneur de leur Prince.

Mais ce qui engage notre Auteur à adopter un sentiment contraire, est que le nom deSaces fe trouve depuis ce tems entièrement englouti dans celui de Titans ; cl il conclutque ce vaillant Prince, de retour en Chrygie, substitua à un nom dopprobre le nom glorieuxde Titans, qui veut dire Fils du Soleil , ou Fils de la Terre, comme nous savons marquéci dessus; au-lieu que celui de Saces ne resta quà ceux qui fe retirèrent dans les Provin-ces ies plus Septentrionales de 1 'Asie. On ne fait pas bien quand, ni pourquoi ils prirentle nom de Titans ; mais si nous supposons avec notre Auteur, que ce 110m signifie Fils dela Terre, qui répond à celui à'Aborigènes, il faudra supposer auffi quils prirent bien plutôtce nom en Phrygie, ce Pays étant celui Gorner & fes descendans, qui étoient leurs An-cêtres, sétablirent, tandis que damres Colonies, obligées à saller établir les armes à I*main dans des Provinces déjà habitées, quitéretit ce nom pour celui de Saces, ou de Ft-,itars, que ceux quils dépouiiloieut uéccrient que trop eu droit de leur donner.