irî HISTOIRE DES SCYTHES.
Section quoiqu’il soit plus apparent qu’il n’ait point quité le Pays de ses Ancêtres.
IV. Nous trouvons auffi dans ce Pays des monumens de son nom & de celuiHistoire de son Père, savoir une Ville appeliée Acmom, & que les mêmes Auteursm Scythes assurent avoir été fondée par lui; comme auffi un autre Bocage consacré à&^esGt- à honneur, & quelques Plaines spacieuses, appellées Dœmtes d'après' in " nUt ' son frère Dceas {a)*. D’où il semble qu’on puisse inférer, qu’il régna enPhrygie, & que dans la fuite il y fut pareillement adoré; & par conséquentqu’il feroit absurde de le supposer un personnage plus chimérique, quen’ontété ses descendans Uranus, Saturne, & le reste des Princes Titans. Queles Celtes soient descendus des Titans, est une chose affirmée expressémentpar un ancien (è) Auteur, qui n’aìmoit point les Celtes ou Gaulois, & quidit cependant que les kíAto» étoient ovj/iyovei t»t«v«î descendans des Titans.Si l’on objecte que les Druides du tems de César se vantoient d’être des-cendus de Dis ou Pluton (c), nous répondrons'qu’il fut auffi un Prince Ti-tan, qui possédoit la partie Occidentale de l’Empire, c’est-à-dire Y Europe,pendant que Jupiter en gouvernoit la partie Orientale ; desorte que César &Callimaque sont d’accord pour l’essentiel, Platon étant l’arrière petit-fils d 'Ac-ttion , le premier Prince considérable de la Race des Gomérites ou Titans.
Ce Prince étoit fils de Mon, Man, ou Maneus;& e’estceque son nommême d ’Jcmon, ou plutôt d 'Ackman, semble donner à connoître. NotreAuteur suppose qu’il a vécu du tems de Tharè, Père à'Abraham. Si bien^u’en mettant Maneus à la tête de la liste, nous avons une Succession desix Princes Titans, dont le gouvernement, suivant lui,fut d’environ 300îtns (cl). L.es noms de ces Princes font,
Man ou Maneus. Saturne.
Acmon. Jupiter.
Uranus. Theutat.
Nous avons déjà fait mention de Tioippílibilité qu’il y avoitd’ajusterU
Chro-
(a) 5 repli. Byzant. sub voce Dœas. (c) Csef. Comment. L. VI. C. 18.
(L) Callimachi Hymn.in Delumver. 179. &c. {/!) Pezron. Chap. XV.
* S’il y a eu de pareils Monumens en deux différentes Provinces de 'C Asie, les uns e*Phrygie , comme les Ecrivains que nous avons cités l’affirment positivement, & les autre*ailleurs, car ils ne nomment pas la Cappatloce, il s’enfuivra seulement que les uns & le*autres étoient fous son Gouvernement, & l’on pourra se dispenser de le faire aller & venir,puisque les Colonies qu’il aVoit envoyées suffifoient pour faire des Conquêtes, & laifl’er de*Monumens à l’honneur de leur Prince.
Mais ce qui engage notre Auteur à adopter un sentiment contraire, est que le nom deSaces fe trouve depuis ce tems entièrement englouti dans celui de Titans ; cl’où il conclutque ce vaillant Prince, de retour en Chrygie, substitua à un nom d’opprobre le nom glorieuxde Titans, qui veut dire Fils du Soleil , ou Fils de la Terre, comme nous savons marquéci dessus; au-lieu que celui de Saces ne resta qu’à ceux qui fe retirèrent dans les Provin-ces ies plus Septentrionales de 1 'Asie. On ne fait pas bien quand, ni pourquoi ils prirentle nom de Titans ; mais si nous supposons avec notre Auteur, que ce 110m signifie Fils dela Terre, qui répond à celui à'Aborigènes, il faudra supposer auffi qu’ils prirent bien plutôtce nom en Phrygie, ce Pays étant celui où Gorner & fes descendans, qui étoient leurs An-cêtres, s’établirent, tandis que d’amres Colonies, obligées à s’aller établir les armes à I*main dans des Provinces déjà habitées, quitéretit ce nom pour celui de Saces, ou de Ft-,itars, que ceux qu’ils dépouiiloieut u’éccrient que trop eu droit de leur donner.