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I.
Hstfriredes Athé-niens.
376 H I T O I R E DES ATHENIENS.
que Solon fût d’une famille distinguée, la générosité de son Père ne lui laissecependant pas assez de bien pour soutenir sa naissance ; c’est ce qui, à cequ’on croît communément, le jetta dans le Commerce , quoiqu’il eût pi*subsister sans cela par le secours de ses amis. Mais le caractère généreuxqu’il avoit hérité de son Père, s’opposant à une pareille bassesse, il aim amieux aller trafiquer dans des Pays Etrangers, afin de pouvoir vivre indé;pendant à son retour dans fa patrie, que de permettre que fa maison, q ulavoit répandu autrefois tant de grâces, implorât l’aífistance de qui que cefût. Ses actions & ses écrits marquent également qu’il étoit un Patriote des'intéressé. Le honteux Decret, que personne , sous peine de mort, n eût &proposer une Expédition contre Salamine, lui faiíoit une peine inconcevable»c’est ce qui l’engagea à composer une Elégie de cent vers, pour animerreux à' Athènes contre les Mégariens , qui leur a voient enlevé cette Ile. A*près s’être bien imprimé dans la mémoire cette Elégie, il courut à la Placepublique en contrefaisant l’insensé, avec son bonnet de nuit sur la tête»Etant-ià, il monta sur la tribune du Crieur public, & récita aux affistans,avec beaucoup de véhémence, la Pièce qu’il avoit composée. Ce Poê'mScommençoit ainsi.
Voici un Messager de Salamine, qui vous apporte des nouvelles. Un desph |Sforts endroits étoit : J’aimerais mieux devoir le jour aux Pays les plus barlA'r es qu à Athènes. Hélas! en quelque endroit de la Terre que je me trouve , 0,1dira de moi , il cjl de la race de ces lâches qui ont perdu Salamine. La piècefinissoic par ces mots ; Renouvelions nos prétentions fur Salamine, £? en repre-nant cette Ile regagnons notre réputation. Pisijlrate ,qui étoit assez proche p 3 'rent de Solon * , comme nous l’avons dit, se mêla dans la foule qui eN'
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* Le nom du Père de Solon étoit Euphorion, ou , suivant la plupart des Auteurs, Exsce si de ; & bous ne savons autre chose de lui, sinon que malgré son illustre naissance & f» * 1 'béralité , il n’étok pas fort considéré dans Athènes. Aristote met Solon lui - même dans j*classe des moindres Citoyens, & le prouve par ses Ouvrages mêmes. Ce qu’il y a de vrai»c’est que Solon ne fut jamais riche, peut être parce qu’il fut toujours homme de bien : q 11 ?’tre vers, dont nous rendrons le feus en prose , semblent exprimer quelque chose de pareil»Plufieurs hommes injustes deviennent riches, ist un grand nombre de gens de bien tombe d/A 1la pauvreté. Nous ferions bien fdcìiís de troquer notre vertu contre leurs trésors ; car la vert^reste toujours , dans le tems que les richesses incertaines passent des mains d’un homme ent fícelles d’un autre (l). Durant sa jeunesse il eut beaucoup d’attachement pour la Poé’îi 2 'Comme il n’avoit point alors d’occupations importantes , il composa & publia un grand u ota 'bre de Poèmes. ~ " " ' ... -» !
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& particulièrement à l’Histoire qu’il apporta d’Egypte , & qu’il eût revu & corrigé le c0í ^comme d’autres ont faît, il auroit surpassé Homère, Héfiode, & tous les anciens Poètes Cy’Comme il excelloic Iui-mêMS dans la Poésie , il avoit une haute & juste idée du pouvoir,vers, qu’il regardoit comme capables de faire fur famé les plus fortes impressions. ^ u ,autre côté , il étoit grand Orateur, & écrivit eu proie avec beaucoup de netteté & dece. II est évident, tant par la vie que par les ouvrages de ce Grand-Homme , que c ’^ C ° e .lin personnage d’une vertu distinguée, & d’un caractère tout-à-faic aimable, 11 aimoit le G en / e '_humain, & s’en propofoit le bonheur pour but ; n’oubliant jamais que les hommes dioie"
hom'
{1) Plutaich. în vit. Solon.
W îlato in Tim.ro,