HISTOIRE DES ATHENIENSí Lrv. I. Cn.'XVíH. 541nière commandée par Lysandre & par Agé filas , qui fìren t de grands exploits , Section& qui en auroient fait de plus considérables encore, file Roi-de Perse, en I.faisant répandre en Grèce par ses Agens de grandes sommes d argent, n’a- HistoireVoient pas suscité tant d’Ennemis à Sparte, qu’eìle fut obligée de rappeller dn Athi~Agésilas pour fa propre défense, ^.'excellence de l’avis qu’avoic donné Co* niem -non ne pouvant plus être révoquée en doute, il fut, comme entendant par- ~ “
faitement le Service de Mer, fait Amiral dé la Flotte Persane. Dans ce mê-me tems, les Athéniens , ayant formé une Ligue avec les Argiens & quel-ques autres Etats, firent la guerre aux Lacédéioniens , & la continuèrentavéc divers succès. Canon attaqua la Flotte Lacédèmonienne , presque égaleà celle des Perses. Cette dernière étoit forte de 90 Voiles. Après un com-bat opiniâtre, dans lequel l’Amiral des Spartiates fut tué, les Lacédémoniensfurent entièrement défaits, & laissèrent entre les mains de l’Ennemijo Vais-seaux & 500 Prisonniers. Canon & Pharnabaze forcèrent dans la fuite la plu-part des Etats qui dépendoient de Lacédémone , à changer de parti. De cenombre furent Nìfée , Tios , Clìo, Mitylène, Ephèse, & Erythrèe, dont Jesexemples furent suivis par plusieurs autres; Ce qui fit perdre eu une feulefois aux Lacédémoniens l’Empire de la Mer.
Après un si éclatant succès, Canon se détermina à revenir en Attique, &soumit en chemin faisant les Cyclades , mit garnison dans Cythère, & aprèsavoir ferré davantage les siens qui unissoientles Corinthiens avec ses Compa-triotes, il fit voile pour Athènes, où il promit aux Citoyens de rebâtir leslongues murailles, & de fortifier la Ville. II s’acquita de fa promesse au-tant qu’il fut en son pouvoir, louant un grand nombre d’Ouvriers,&em-ployant à l’exécution du dessein en question une bonne partie des Equipagesde tó Flotte ; les Thébains envoyèrent aussi 500 Maçons ou Charpentiers, &quelques autres Villes en firent de-même; mais Tiribaze, qui commândoitles Armées Persanes en AJie , enviant à Conon la gloire qu’il venoìt d’ac-quérir, lui imputa de ne sc servir de la puissance des Perses que pour l'a-vantage de ses Concitoyens. Sous prétexte de vouloir entendre ce qu’il au-roit à dire pour fa justification, il le fit venir à Sardes ,& mettre en prison»dès-qu’il l’eut en son pouvoir (a).
Les troubles, dont la Grèce étoit agitée, donnèrent occasion aux Athé-niens de rétablir encore une fois leurs affaires. La longue guerre, dans la-quelle les Corinthiens venoient de s’engager, servit d’Ecole aux jeunes A-thènìens qui se vouoient à la profession des Armes: Ecole d’autant meil-leure, que le Général Athénien qui avoit le commandement, étoit fans con-tredit, non seulement le meilleur Officier qu’iì y eut alors, mais même qu’ssy eut jamais eu en Grèce. Ce Général, nommé Iphicrate , avoit étudié la Guer-re comme une Science, dont il s’étoit parfaitement bien mis dans l’esprictoutes les règles. Plutarque nous apprend qu’il étoit fils d’un Cordonnier,,tuais Cornélius Nepos ne dit rien de fa famille. Le prémier exploit par le-quel il sc distingua, fut dans un Combat de Mer, où se trouvant blessé, &
«ors d’état de rester plus longtems abord d’un Vaisseau ennemi où ilétoiv
« GA Xenophon, Lib. IV. Diodor. Sicul. Lib. XIV. Corn. Nep^iitvit, Cononis.
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