qu’avait le duc de Bourgogne de tout calmer.Par bonheur, il arriva une lettre de la reine d’A-ragon au roi de France : elle lui faisait savoirqu’un chevalier ayant voulu louer à Barceloneun vaisseau pour aller à Naples , on avait soup-çonné que c’était l’homme au sujet duquel le roiavait fait écrire partout : il avait été arrêté, etcomme il avait refusé de se nommer, on se dou-tait d’autant plus que c’était le sire de Craon.Cette nouvelle parut à plusieurs personnes uneexcuse complète pour le duc de Bretagne . Le ducde Bourgogne s’en arma pour détourner le roi deson voyage. Mais le roi ni les amis du connétablen’ajoutèrent aucune foi à cette lettre ; ils direntque tout cela était une chose fabriquée par intri-gue. « Au moins, répondait le duc de Bourgogne ,« faut-il envoyer en Aragon pour savoir ce qui« en est, et pour remercier la reine de sa cour-i toisie. » — « Nous le voulons bien, mon oncle,« dit le roi. Il ne faut pas vous fâcher; mais pour« moi, je tiens que ce traître de Pierre de Craon« n’est pas dans une autre prison ni dans une« autre Barcelone que, bien tranquille, chez le« duc de Bretagne *. »
Froissart. —D’Argentré.