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les hommes sages le méprisaient beaucoup, caril corrompait toute la jeunesse de la cour, et luienseignait mille débauches. Vers la fin de lasoirée, ce sire de Guisay imagina une mascarade.La mariée étant une veuve, sa noce, selon l’u-sage , était une sorte de charivari, et tout s’ypassait en joyeux désordres. Le roi, quatre jeuneschevaliers et Huguet de Guisay, se déguisèrenten sauvages. Ils s’étaient fait coudre dans unetoile de lin qui leur dessinait tout le corps. Cettetoile était enduite de poix résine, pour faire tenirune toison d’étoupe de lin, qui faisait paraîtreces sauvages velus de la tête aux pieds. Ils en-trèrent en criant et en dansant, conduits par leroi, et masqués de façon à n’être pas reconnus.On avait fait défendre que personne se promenâtdans la salle en portant des torches ou des flam-lieaux. Le roi courut tout de suite h sa jeunetante, la duchesse de Berri, pour la tourmenter,et les autres masques divertissaient l’assembléepar leurs danses et leurs contorsions. Chacun secreusait l’esprit à deviner qui ce pouvait être.Le duc d’Orléans et le jeune comte de Bar , quivenaient de passer une partie de la soirée chezmadame de Clermont, voyant ces toisons d’é-toupe, imaginèrent, sans penser h mal, que si