75
L’ITALIE CONFÉDÉRÉEdu Mincio et de l’Adige , une concentration rapide de toutes les forces quel’Autriche possédait alors en Italie .
Le mouvement rétrograde de l’armée ennemie se poursuit après sasortie de Milan , de l’avie et de Lodi , par l’évacuation de Pizzighettone, deCrémone et de Plaisance, situés sur la partie inférieure du cours del’Adda. Dans le nord de la Lombardie , d’autres corps d’armée, fuyant,,on vient de le voir, devant les intrépides chasseurs des Alpes , abandonnentlîergame et Jîrescia, pour aller se joindre au gros de l’année. Enfin lesgarnisons autrichiennes de Tirescella et de lleggio se retirent égalementde ces deux places. A la date du 12 juin, toute l’armée de François-Jo-seph I er est massée sur la rive gauche de l’Adda, et son quartier général estétabli à Cavatigozzi ; mais la célérité de la marche des alliés ne lui permetpas de s’arrêter longtemps dans cette position.
La ligne de l'Adda, je l’ai dit déjà, n’offre qu’une médiocre défense :large en moyenne de soixante à soixante-dix mètres, profonde de deuxmètres et demi à trois mètres, cette rivière, dans les temps secs, ne pré-sente pas de grands obstacles à l’armée qui veut la franchir ; mais, dansles temps de pluie, elle s’enfle rapidement, et atteint une largeur de centvingt à cent cinquante mètres, et une profondeur double de celle quellea d'habitude.
Ce qui donne quelque importance à la ligne de l’Adda, ce sont lestètes de pont établies à Lecco , à Brivio, à llassano, à Lodi , célèbre dansles guerres de la République. Lodi commande à la fois le chemin de Ren-gaine, seul praticable pour l’artillerie, et les roules de I’avie et de Rres-cia. La place de Pizzighettone assure la défense de la basse Adda ; cetteplace étant située sur la rive droite de cette rivière, près de son continentavec le Pô, l'abandon de Plaisance et de Lodi lui ôtait toute son im-portance. C’est ce qui détermina les Autrichiens à l’évacuer à son tour,montrant assez, par ce mouvement continu et précipité de retraite,combien les victoires de Magenta et de Marignan avaient frappé fort etjuste.
C’est surtout l’abandon de la citadelle de Plaisance qui indiquait à queldegré de découragement l'armée autrichienne, chefs et soldats, en étaitarrivée. Cette forteresse est comme .la clef de la Lombardie . Élevée àgrands frais, elle pouvait soutenir un siège long et difficile : les approvi-sionnements en tous genres, vivres, matériel, artillerie, que les Autri-chiens y avaient réunis, et qu’ils y laissèrent en évacuant précipitammentla ville et en faisant sauter la citadelle, attestent qu’ils étaient loin des’attendre à un échec, aussi grave que celui de Magenta.
\ oici, du reste, ce qu'on écrivait de Crémone, à la date du lô juin :