48 LIVRE I.
En récompense, il lui promettait sa protec-tion, la Finlande , et vingt millions, pour unevaleur pareille de denrées coloniales , que lesSuédois devraient d’abord livrer. L’Autriche se chargea d’appuyer cette proposition; maisBernadotte , déjà fait au trône, répondit enprince indépendant. Ostensiblement , il sedéclarait neutre, ouvrait ses ports à toutesles nations, rappelait ses droits, ses griefs,invoquait l’humanité, conseillait la paix, etse proposait lui-même pour médiateur : se-crètement , il s’offrait à Napoléon au prixde la Norwège , de la Finlande , et d’unsubside.
A la lecture de ce style, nouveau et inat-tendu , Napoléon est saisi d’étonnement et decolère. Il y voit, non sans raison, une défec-tion préméditée par Bernadotte , un accordsecret avec ses ennemis ! il s’agite d’indigna-tion : il s’écrie, en frappant violemment cettelettre et la table sur laquelle elle est ouverte :« Lui ! le misérable ! il me donne des con-» seils ! il veut me faire la loi ! il m’ose pro->» poser une infamie 1 ! Un homme qui tient« tout de ma bonté ! Quelle ingratitude ! »
Puis , se promenant à grands pas , il laissepar intervalles échapper ces paroles : « Je de-