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Tome premier.
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DES CHINOIS. 97

premiers origine des peuples & des temps davant le Déluge ?Les plus Savans croyoient fans doute montrer beaucoup deru-ditiòn & de critique en lattribuant à ia Chine exclusivement.Dailleursil y avoit peu de communication dun Royaume à fau»tre avant Confucius : chacun restoit chez foL Pour aller dqnRoyaume à lautre, dit le Ly-ky, il falloit aboutir à des défilésqui etoient gardés par de fortes garnisons qui ne laiíToient passerpersonne sans lattache du Prince de chez qui on sortoit & chezqui on alloit. Les gens de lettres connoiffoient à peine la Chineentiers, comment auroient-ils connu les pays étrangers ? Lesìivres dailleurs etoient rares, & les sciences de curiosité & de-rudition peu fêtées. On netudioit que pour entrer dans les em-plois : à quoi auroient servi des recherches qui ne menoient àrien ? II est croyable même quil ne venoit pas dans lesprit auxplus habiles de soupçonner que la Chine ne fût qu une petiteportion de la terre. Au moins est-il certain que les Ouvragesdes Anciens qui nous restent, paroissent faits daprès lidée quenotre Chine etoit le centre de lUnivers, & le seul pays duinonde les Sciences & les Arts fussent cultivés. Lignorancedes Anciens alloit si loin en ce genre, quils suppofoient que laChine etoit environnée de mers de tous côtés. Elle est repré-sentée ainsi sur les plus anciennes cartes que nous ayons. Auffiun savant Missionnaire a fort bien observé que Confucius nepouvant ni nier ce que racontoit la tradition fur les pre-miers âges, à cause de son universalité, ni le concilier avecla véritable histoire de la Chine & avec la Géographie de sontemps , il eut la sagesse de n'en point parler. Quoique lesAnnales des Chang & des Theou fissent mention de quelquespeuples de lOccident qui etoient venus rendre hommage àlEmpereur , comme nos Chinois ivetoient pas sortis dechez eux , la prudence exigeoit que , puisquil se bornoit àrecueillir ce quil croyoit à lepreuve de la critique la plus